Il fut très-fort question ce jour-là, non plus de Gabrielle, car Espérance rompit habilement l'entretien chaque fois qu'il errait de ce côté, mais du faux Valois, de la rusée duchesse, et de tout le tracas qui allait résulter encore pour le roi de cette complication nouvelle de la politique.
Après qu'Espérance et Pontis eurent longuement exprimé leur rage contre la Ramée, et admiré cette puissance vivace de l'ennemi qui, toujours terrassé, se relevait toujours, Espérance demanda au chevalier comment il était possible qu'un pareil drôle occasionnât des ennuis au roi.
Le moucheron était-il à ce point le tyran du lion?
—Le roi, répliqua Crillon, en est fort préoccupé.
—Le roi a pourtant la tête bonne, dit Espérance.
—La tête… la tête… murmura Crillon.
—Si mon colonel me permettait de parler, dit Pontis.
—Parle, cadet, mais parle bien.
—Eh! monseigneur, on dit partout que le roi a été blessé à la tête et que le cerveau s'en ressent.
—C'est un peu exagéré, repartit Crillon, mais le roi paraît affaibli de raisonnement, voilà qui est sûr. Croiriez-vous que nous faillîmes nous quereller hier ensemble à propos de cette coquine d'Entragues?