—Oui, mon frère.
—J'étais allé pour le voir en sortant de chez le roi. On m'a dit que vous donniez bal, et que le seigneur chevalier s'y trouvait.
Espérance fit signe à l'un de ses gens d'aller réveiller M. de Crillon, tandis que le génovéfain regardait avec sa froide curiosité Pontis, qui, sur sa chaise, faisait mille tentatives désespérées pour retrouver ses idées et ses jambes.
Frère Robert le désigna du doigt:
—Oui, dit Espérance, c'est Pontis; le camarade Pontis, un horrible ivrogne qui ne vous reconnaît même pas, tant il s'est laissé abrutir par le vin.
—Oh!… murmura Pontis en écarquillant ses yeux avec lesquels il comptait parler à défaut de la langue.
—Il m'a reconnu, dit tranquillement le moine en lui tournant le dos pour aller à la rencontre de Crillon qui arrivait tout empressé.
—Frère Robert ici!… s'écria le bon chevalier.
—Oui, seigneur. On ne m'invite pas, je m'invite.
À ces mots prononcés avec le flegme particulier à cet étrange personnage,
Crillon et Espérance échangèrent un regard qui signifiait: