—Ah! c'est toi, malheureux! dit Espérance, Dors!
—Au large! dit Crillon.
—Mais… j'ai compris… balbutia Pontis, on va se battre… j'en suis.
—Nous n'emmenons pas les ivrognes; un ivrogne est un ennemi. Va-t'en! Et puisque tu as compris la chose importante que nous avons projetée, que ce soit un châtiment capable de te corriger à jamais.
—Espé… ran… ce… bégaya Pontis en cherchant à s'accrocher à son ami.
—Va dormir, te dis-je! nous montons à cheval et tu ne tiens pas même sur tes pieds!
En effet, rien qu'en cherchant à se dégager, le jeune homme fit rouler l'ivrogne tout à travers la chambre. Pontis poussait des gémissements douloureux et cherchait à joindre ses mains pour supplier.
—Je t'avais défendu, dit gravement Espérance, de jamais boire au point de perdre la raison. Tu me l'avais juré. Tu as faussé ton serment, Dieu te punit.
Pontis sanglotait à faire pitié; dompté par l'ivresse, il gisait incapable de faire un mouvement.
—Le coquin a du coeur, dit Crillon; mais il est soûl comme un charretier bourguignon. Tout à l'heure il va se rendormir. Laissons-le. En route, nous autres.