Espérance et le moine sortirent rapidement et se dirigèrent vers les écuries.

Ils aidèrent eux-mêmes les valets à seller les chevaux. Espérance calmait ses chiens, qui, en voyant les préparatifs du départ, criaient de joie pour qu'on ne les oubliât pas.

—Tout beau, Cyrus! tout beau, Rustaut! dit le jeune homme, vos amis les chevaux s'en vont, mais à une chasse où les chiens sont inutiles. Tout beau! restez à la chaîne; nous causerons chasse à mon retour.

Il caressa la biche dans sa cabane, murmura bien bas le nom de celle qui la lui avait envoyée, et sauta en selle dès qu'on lui eut amené son cheval.

Quelques minutes après, les trois cavaliers, en tête le génovéfain, couraient sur la route de Bezons. Espérance avait jeté un manteau sombre sur la robe et le capuchon du moine, qui, déguisé de la sorte, n'avait plus rien de religieux. Son cheval dut s'en apercevoir.

Cependant Pontis, se cramponnant des doigts après la table, avait réussi à se lever. Tout tournait dans sa tête. C'était une ronde effrayante de verres, de plats d'argent et de flacons d'or.

Sa raison surexcitée changeait en horreur le ridicule de cette situation.

—Misérable! murmurait-il en cherchant à se tenir, tu es ivre… tu es tremblant… tu tournes.

Et il se frappait au visage.

—Lâche! tu es déshonoré…. On va se battre et tu n'en es pas. Tu dégoûtes tes amis. Tiens, bélître; tiens, ivrogne; tiens, pourceau immonde!