M. de Brissac, qui tenait soigneusement les portes fermées, reçut bientôt la visite du duc de Feria, chef des troupes espagnoles, suivi d'un cortège trop nombreux pour être rassurant.

Le gouverneur de Paris, derrière ses rideaux, avait vu entrer dans la cour de sa maison cette troupe empanachée, brodée et pommadée, dans laquelle se faisait remarquer notre vieille connaissance, le seigneur José Castil, capitaine de l'une des portes de Paris.

Au premier mot que lui rapportèrent ses huissiers, il donna ordre qu'on introduisit les Espagnols.

Nous savons que M. de Brissac avait soulevé des défiances, que sa dernière aventure avec José Castil avait encore envenimées. Cette visite matinale, dont il soupçonnait le but, le trouva néanmoins poli et impassible.

Il alla recevoir gaiement les Espagnols et les introduisit dans sa salle de cérémonie, feignant de ne remarquer ni l'air embarrassé du duc de Feria, ni les sournois coups d'oeil que don José, resté en arrière, échangeait avec l'état-major espagnol.

—Eh bien! s'écria-t-il, messieurs, que dit-on? qu'il arrive du renfort?

—Et de l'argent, monsieur, répondit le duc en s'approchant de Brissac.

—L'un et l'autre sont les bienvenus.

—Vos portes cependant sont fermées, dit M. de Feria.

—On les ouvrira, s'écria Brissac gaiement. Ce que nous avons à craindre, c'est que le convoi d'argent ne soit un peu écorné, s'il faut qu'on nourrisse tout ce peuple qui a faim.