Mayenne, car c'était lui, répondit à ce compliment avec une bonne grâce qui lui était naturelle et que commandait impérieusement l'irrésistible sourire de Gabrielle.
—Vous voyez, madame, dit-il ensuite, que je ne crains pas de me mettre à votre merci, et sous ces roches le plus grand guerroyeur du monde serait pris aussi facilement qu'un oiseau entré dans une cage, surtout quand la porte est gardée par un compagnon comme celui que vous m'avez envoyé. Hercule avec la tête d'Adonis.
Gabrielle se sentant rougir offrit un siège et s'assit elle-même.
—Monsieur, dit-elle, vous êtes ici plus en sûreté qu'au milieu de votre armée. Le roi est à Paris; ma foi vous garantit sauf et libre. Quant au guide qui vous a amené, s'il eût existé en France un plus loyal et plus brave gentilhomme, je l'eusse choisi pour vous escorter et vous protéger dans la démarche que vous avez bien voulu faire, et dont je sais apprécier la généreuse confiance.
—Vous m'en aviez donné l'exemple, madame, en me venant trouver, il y a quinze jours, à la Ferté-sous-Jouarre où je me cachais, et où, pouvant me faire surprendre, vous vous êtes confiée à ma prud'homie. Vous avez entamé ainsi les conférences, je me dois de vous payer par la réciprocité.
—Ah! monsieur! je voudrais au prix de mon sang réconcilier deux princes qui tiennent dans leurs mains le bonheur de la France.
—Cela ne dépend pas de moi seul, madame, dit Mayenne. Le roi me hait.
—Vous vous trompez, s'écria vivement Gabrielle. Le roi vous craint. Voilà tout.
Cette flatterie éclaircit le front du duc.
—S'il était vrai, dit-il, tout serait déjà concilié. Mais votre délicatesse ne m'empêche pas de voir l'animosité qu'on met à me faire la guerre.