—Peut-être, articula faiblement Mlle d'Entragues.

—Et comment? demanda Leonora.

—Il existe une lettre de moi.

—À qui donc, mon Dieu?

—À… à l'ami de ce Pontis.

—À Speranza? s'écria l'Italienne.

—Oui.

—Et vous ne me l'aviez pas dit… quel désastre! cette lettre, il faut la ravoir.

—Oh! j'ai tout essayé: pleurs, menaces, prières, il n'a pas voulu me la rendre. Il me tient en échec. Il ne songe qu'à cela nuit et jour; mais où la trouver? Où l'a-t-il cachée? Que de fois j'ai pensé à faire incendier la maison, que de fois j'ai voulu le faire poignarder lui-même, ce lâche Espérance!… Mais la lettre est-elle bien dans sa maison? la porte-t-il sur lui? n'aurais-je pas commis une violence inutile? que faire?… Comme je souffre! J'en deviendrai folle!

—Et qu'a dit votre mère? demanda Leonora.