—Crois-tu donc que je lui aie avoué cette faute? n'ai-je pas fait assez d'aveux, n'ai-je pas bu assez ma honte en sa présence?… Tu es la seule, Leonora, qui sache mon secret; mais sauve-moi! Toi qui découvre tout, cherche dans tes cartes où est cette lettre… reprends-la, sauve-moi!
—Elle est donc bien compromettante, la lettre?
—Qu'elle tombe entre les mains du roi, je suis perdue.
—Vraiment? s'écria l'Italienne avec une expression singulière. Eh bien! calmez-vous, signora, je vous sauverai.
—Tu la retrouveras?
—Oui, mais retournez près de votre mère; plus un mot!… laissez-moi faire! vous aurez bientôt de mes nouvelles.
Henriette embrassa l'Italienne avec une effusion qui ressemblait au délire.
—Ce que les cartes ne me diraient pas, pensa Leonora souriante, je le saurai par Ayoubani.
—J'ai été trop loin, pensa Henriette, et je suis à la merci de Leonora; mais je la surveillerai.
Elle rentra près de sa mère. L'Italienne partit par l'escalier dérobé.