XIV

LA RÉPARATION

M. de Mayenne passa une nuit moins tranquille à Monceaux, que si sa conscience eût été parfaitement nette. Il eût dû cependant bien dormir sous le toit d'une hôtesse loyale comme Gabrielle. Mais le Lorrain savait l'histoire, et se rappelait bon nombre de vainqueurs qui avaient payé par la prison les folles équipées du vaincu.

Il lui tardait que le jour vint, et qu'une assurance nouvelle de Henri IV confirmât les générosités de la veille. La nuit aurait-elle porté conseil?

Il trouva le roi aussi calme, aussi affable qu'après la scène de la grotte. Une troupe nombreuse de courtisans assistait à l'entrevue des nouveaux amis. Henri prit le bras du prince lorrain, et le promena d'un pas rapide dans le parc.

—Causons affaires, comme il était convenu, mon cousin, dit le roi.

—Votre Majesté m'a dit que ce ne serait pas long, répliqua Mayenne.

—Cela durera autant que vous voudrez, mon cousin; l'entretien sera court, si vous demandez peu; long, si vous demandez beaucoup; la chose vous regarde.

Le duc s'assura par un regard pénétrant de la bonne foi d'Henri, et fixa ses conditions avec autant de politesse et de fermeté qu'il le put.

Il demanda, selon l'usage, des villes de sûreté, non pour lui, disait-il, mais pour ses gens pendant six ans.