—Eh bien! s'écria Espérance, comme nous voilà beau.

En effet, Pontis reluisait comme une boutique de la foire. Il s'était enrubanné, ciré, pommadé, comme un galant à cent mille écus de rente.

Pontis jeta sur sa toilette un regard négligent et satisfait à la fois.

—Tu me donnes de l'argent, répliqua-t-il, je le dépense.

—Dépense, Pontis, dépense; ne sois avare que de deux choses.

—Ah! je sais, je sais, dit le garde en grondant; avare de vin et de paroles, voila ce que tu veux dire.

—Comme tu devines facilement.

—Eh sambious! je ne suis pas un délicat, moi, c'est à dire un imbécile.

—Peste! où prenez-vous ces théories sur la délicatesse, maître Pontis? elles sont au moins légères.

—Seigneur Espérance, les gens qui rencontrent un loup enragé, et par délicatesse vont lui offrir leur main à mordre, sont des niais. J'aime mieux mordre qu'être mordu. Et malgré le reproche que je vois sur vos lèvres à propos de mon emportement au cabaret, je vous dirai que chaque fois qu'il s'agira de cette louve, de ce chacal, de ce rat empoisonné qu'on appelle Entr….