Puis s'adressant à ses officiers, qui peu à peu apparaissaient dans la cour:

—Je vais faire une reconnaissance avec ces messieurs, dit-il. Bonne garde!

Et comme il était salué de quelques cris de: Vive le roi! qui faisaient bondir Crillon sur sa selle:

—Adieu royauté! murmura-t-il avec une expression si touchante qu'Espérance se sentit remué jusqu'au fond de l'âme.

Quelques minutes après, la cavalcade traversait silencieusement le camp, conduite par la Ramée.

III

COMMENT LA LIGUE SERVIT À BATTRE L'ESPAGNE ET RÉCIPROQUEMENT

La petite troupe arriva ainsi au bourg d'Olizy où devait attendre le compagnon mystérieux, possesseur de la lettre. La Ramée appelait de ses voeux les plus ardents le terme du voyage.

Sans armes, impassible, plongé dans une rêverie profonde, il avait accompli le trajet conduit par son cheval qui suivait les autres, et n'avait donné aucun sujet d'inquiétude à ses gardiens.

A Olizy, on trouva dans une hôtellerie celui que Crillon y attendait. C'était frère Robert qui, pour se désennuyer, avait pris place à une fenêtre du premier étage, et contemplait le spectacle toujours animé d'un marché de petite ville.