La Ramée ne parut pas surpris quand il se trouva en présence du moine. Il comprit l'alliance secrète de ces hommes; il sentit que sa destinée se brisait contre un écueil inévitable. Résigné comme les fanatiques arabes, il ne manifesta ni amertume ni défiance.
—Nous avons réussi, dit Crillon au génovéfain, grâce à votre concours, et je crois la duchesse vaincue. Elle n'a plus rien à faire désormais.
La Ramée étouffa un soupir, tandis qu'on racontait l'histoire de son dévouement et de sa défaite.
Le moine prenant Crillon à part:
—Vous prendrez garde, dit-il, qu'on ne vous l'enlève en route; si secrète que nous ayons tenue cette expédition, le bruit peut en être arrivé aux oreilles de la duchesse, et une embuscade est bientôt tendue. Vous comprenez facilement l'intérêt des complices à empêcher les révélations du coupable. Avez-vous été suivi en venant de Reims?
—Je ne crois pas. Nous avons marché vite.
Cependant la Ramée, impatient, dit à Espérance:
—Pourquoi se consulte-t-on ainsi? Nous sommes arrivés. Voilà votre compagnon. Où est la lettre?
—C'est juste, répliqua Espérance, qui alla troubler aussitôt l'entretien de Crillon et du moine.
Crillon s'empressa de demander la lettre à frère Robert. Celui-ci la tira d'une poche intérieure de sa robe; mais, au lieu de la donner à la Ramée, qui étendait une main avide: