C'était Leonora, qui, croyant le moment propice, essayait de se sauver sans être vue.

—Oh! oh! pensa Espérance, voilà trop d'oiseaux dans cette cage. Il ne sera pas dit que je les laisserai tous s'envoler ainsi sans me montrer la couleur de leur plumage.

Aussitôt il lâche Pontis, étend la main, et en deux bonds saisit une robe.
Il tient une femme, il va l'interroger.

—Speranza! grâce! grâce! s'écrie l'Italienne en tombant à genoux.

—Leonora! une trahison! je m'en doutais, répond Espérance avec un affreux battement de coeur.

Et, fermant la porte, repoussant Leonora au milieu de la chambre, il murmura:

—Que venez-vous faire ici, et pourquoi Pontis est-il étendu là?

Comme elle ne répondait rien, il enfonce d'un coup de poing fenêtre et volets. Une clarté douteuse, celle des étoiles, glisse dans la chambre sur le corps de Pontis.

Espérance voit le pourpoint ouvert, la chemise arrachée; il cherche avidement sous les plis, et poussant un cri farouche, lève son bras terrible sur Leonora toujours agenouillée:

—Misérable! tu as volé le médaillon! rends-le-moi, ou tu va mourir!