à peine la terre. Cette femme, enveloppée de sa mante, disparut comme une vision et courut regagner le carrosse autour duquel Espérance distingua plusieurs hommes qui aidèrent la dame à monter et l'escortèrent quand elle partit.

—Que signifie tout cela? pensa Espérance, quel désordre? Est-ce l'Indienne qui fuit de la sorte? et la litière restée là, qui attend-elle?

Absorbé par ces pensées, il avançait toujours. Cependant, pour plus de précautions, il revint fermer la porte de la rue, et, en se retournant pour gagner le vestibule, il embarrassa son épée dans les barreaux de l'escalier.

—Pontis! cria-t-il, Pontis, où es-tu?

Partout silence, ténèbres partout. Une odeur de cire récemment éteinte, une odeur de vin fraîchement versé frappèrent son cerveau à mesure qu'il approchait en tâtonnant.

Ses mains rencontrèrent la porte de la salle et la poussèrent: il entra.

Mais, à peine avait-il fait deux pas, que ses pieds heurtèrent un obstacle, un meuble sans doute… Non, c'est un corps.

Il se baisse, il palpe… des habits d'homme, le satin dont Pontis était si fier. Au même instant, un souffle bruyant lui fait reconnaître son ami; Dieu merci, le drôle n'est pas mort; il n'est qu'endormi. L'odeur du vin est significative, le malheureux est ivre, cette fois encore.

Espérance le relève avec dégoût, pour le placer sur un fauteuil. Mais un autre bruit lui fait dresser l'oreille, une porte crie.

Espérance écoute. Une respiration haletante trahit à deux pas de lui la présence d'une personne cachée, la porte se développe, une étoffe bruit, et quelque chose de léger, d'aérien fuit et glisse dans la direction du vestibule.