—Le soir, j'aurai gagné plus de temps, pensa Espérance, et il ajouta:
—J'aime mieux le soir, Gratienne.
—Madame l'aimera mieux aussi. Après le souper, elle sera souffrante, elle se retirera, elle sera tout à fait libre.
—Mais comment pénétrerai-je au château?
—Cela me regarde. Soyez, une heure après la nuit tombée, au pied de l'escalier à vis, dans la cour Ovale. L'on soupera, nul ne vous peut remarquer à ce moment. Je vous conduirai à l'endroit choisi par madame.
—C'est convenu, dit Espérance. La nuit vient à six heures, je serai à sept au pied de l'escalier à vis.
—Bien, monsieur. Je pars joyeuse, plus légère qu'en arrivant.
—La duchesse, tu ne m'en parles pas, dit Espérance avec mélancolie.
Toujours belle, toujours florissante, n'est-ce pas?
Gratienne secoua la tête.
—Si vous l'aviez vue écrire cette lettre, répliqua-t-elle, vous eussiez mis moins de temps à me rendre la réponse.