—Oui, mais vous pouvez les faire poursuivre et reprendre.
—Diable emporte si je m'occuperai jamais de ce qu'il sera devenu. Je n'ai pas l'humeur tracassière, et les gibets me soulèvent le coeur.
—Mais le gouverneur qui l'aura laissé fuir….
—Ce bon vieux du Jardin, un ancien coreligionnaire, un digne homme que j'aime comme mes petits boyaux…. Non, Crillon, je ne tourmenterai pas ce pauvre du Jardin, pourvu toutefois qu'à la place du prisonnier envolé, on me montre une bonne déclaration dudit, portant que c'est bien la Ramée et non Valois qui a percé mon mur. De cette façon j'y gagne; j'économise une corde, et la duchesse rira tout jaune quand je lui ferai voir cette déclaration.
—Il faut qu'elle en pleure, dit Crillon en jetant un coup d'oeil sur la charmille.
—Je répète, ajouta le roi tranquillement, qu'il n'y a pas d'inconvénient à ce qu'un la Ramée se sauve, je n'en dirais pas autant d'un Valois!
—J'ai compris, dit Crillon en reconduisant le roi jusqu'au perron, où l'attendaient déjà plusieurs seigneurs.
Là, il le quitta et Espérance revint serrer la main du chevalier.
—Merci, dit-il, merci, j'avais prévu cette nécessité de la déclaration. Je l'aurai même plus complète que le roi ne la demande. Maintenant, les moyens?
—J'irai trouver du Jardin ce soir, dit Crillon.