C'était la nuit, la dernière nuit de souffrance. La duchesse râlait sur son lit souillé; elle appelait à l'aide, et personne ne s'approchait d'elle. Soudain elle aperçut un moine de haute taille qui traversait lentement la chambre voisine et devant lequel se courbaient les serviteurs que l'épouvante tenait à l'écart. Ce moine arriva jusqu'au lit de la mourante et contempla silencieusement l'effrayant spectacle de cette agonie.

En le voyant, son capuchon baissé, la duchesse le remercia du regard, car elle n'osait plus remuer ses mains de peur d'y sentir l'humide chaleur du sang.

—Je veux l'absolution de mes fautes, dit-elle d'une voix lugubre encore empreinte de cette autorité hautaine qui avait présidé à chaque mouvement de sa vie.

—Pour être absoute, dit le moine, confessez-vous!

—Faites d'abord retirer, dit-elle, tous ces gens qui pourraient m'entendre.

Le moine ne répondit pas, et ne fit pas un mouvement.

Ce que voyant, la duchesse:

—J'ai péché, dit-elle à voix basse, par avarice, par ambition, par orgueil.

—Après? dit le moine.

Elle le regarda avec surprise.