Aube considéra d'un oeil de reproche la fumée de cette poudre sacrilège qui avait voulu détruire Menaudru.

Le rideau de verdure avait fini par s'immobiliser; entraîné par son poids, il était retombé, interceptant le jour, cloîtrant Auberte. La jeune fille fit un mouvement pour se lever, toucher du doigt les richesses fantastiques qu'elle n'avait fait que deviner et entrevoir.

— Prenez garde! dit la voix de Mme Droy tout près d'elle.

Mais Mme Droy n'était pas avec Aube, non plus que les enfants qui lui répondirent:

— Oh! le mur est très solide et nous ne tomberons pas.

Aube entendit sur sa tête des pas si rapprochés qu'elle percevait le froissement des feuilles sèches foulées par les promeneurs. Elle entendit des cris et des ébats d'enfants qui s'éloignaient ou se rapprochaient, sans doute au hasard du jeu.

Stéphanie et Mme Droy marchaient sur la terrasse, pendant que les enfants s'amusaient autour d'elles et cueillaient des fleurs pour la fête. Elles se parlaient sur un ton d'affection et de tristesse.

Stéphanie disait:

— Je n'ai jamais été injuste pour Auberte. Vous avez eu raison de vous attacher à elle. Je l'aime moi-même. Elle est droite et bonne comme une petite sainte.

La mère répéta avec douceur: