«Désormais elle ne s’arrête plus la série des triomphes obtenus par le jeune commandant; chaque date de cette mémorable campagne enregistre un nouveau laurier du héros. Le 13 et le 14 juillet, dans de nouveaux combats, il parvient à incendier le vapeur ennemi Paraguary échoué. Le 18 juin, invulnérable sous la forte cuirasse du patriotisme et de la bravoure, il traverse, sous un déluge de projectiles, les terribles batteries de Mercêdes, et le 12 août celles de Cuevas. Plus tard, le 28 novembre, il donne la chasse au vapeur paraguayen Piraguerà, le force à s’échouer et s’en empare.

«Nommé pour diriger la commission exploratrice du Paso de la Patria, en mars 1866, il travailla constamment sous le feu acharné du fort de Itapiru, et ses services en cette occasion furent si éclatants, que l’ordre du jour de l’escadre les fit ressortir avec les plus grands éloges.

«Fatiguée par tant de combats, ruinée par la dureté d’une guerre qu’elle avait supportée tant d’années, la canonnière Araguary, théâtre des exploits de Hoonholtz, dut être renvoyée à Rio de Janeiro; elle navigua alors de conserve avec la frégate Amazonas, que l’amiral vicomte de Tamandaré ramena dans ce port lorsqu’il retourna dans la capitale accompagné par le brave contre-amiral baron de Amazonas. Durant la réparation du bâtiment, Hoonholtz se maria le 28 mars 1868 avec Mˡˡᵉ Maria Luiza Dodsworth, aujourd’hui baronne de Teffé.

«Toutefois sa nouvelle existence, sa nouvelle situation n’eurent en aucune façon pour résultat de rendre Hoonholtz oisif. Le mariage, les liens de famille étaient pour lui comme pour tous les bons fils de la patrie, inférieurs à ses devoirs de patriote. Le devoir l’appelait loin de ses affections les plus intimes; une chose plus sainte encore exigeait la présence du lutteur héroïque; alors que la chaste douceur de la paix domestique paraissait énerver le courage de l’illustre combattant de Riachuelo, la vibration constante de ses facultés l’entraînait de nouveau sur le théâtre de la lutte et vers les vicissitudes de la guerre. Lui-même demanda à partir de nouveau pour combattre, ce qu’il obtint après 34 jours de mariage!

«Hoonholtz alors déjà capitaine de corvette avait été nommé commandant de la corvette Vital de Oliveira et quand il arriva de nouveau au théâtre de la guerre, on lui donna le commandement du cuirassé Bahia, à bord duquel il devait plus d’une fois montrer sa bravoure. Cherchant à forcer les batteries du Timbo et de Tebiquary, après de nombreuses tentatives où il déploya toutes les habiletés de la stratégie et toute sa valeur militaire, il vit ses efforts couronnés de succès, mais au prix de péripéties sanglantes. Les torpilles et les chaînes qui défendaient le tortueux canal furent inutiles, le Bahia rompit les chaînes et passa outre, bien qu’il eût perdu le pilote Repetto et deux des timoniers. L’escadrille, commandée par le chef baron da Passagem, remonta triomphalement le canal, au milieu du fiévreux enthousiasme des combattants vainqueurs.

«Pour ce fait, et en égard à ses innombrables actes de bravoure, Hoonholtz fut promu capitaine de frégate; il avait commandé dans 22 combats».

Tel est le militaire.

Avec le journal susnommé de Lisbonne qui reproduit en résumé les notes biographiques du «Panthéon Fluminense», du «Novo-Mundo» de New-York et du «Dictionnaire biographique brésilien», voyons maintenant les traits principaux qui caractérisent dans le baron de Teffé l’homme technique, le savant hydrographe et l’astronome distingué:

«On sait déjà que dans son traité d’hydrographie, Hoonholtz avait révélé une aptitude rare pour la science hydrographique, jusque-là assez en retard dans les écoles brésiliennes. Le gouvernement impérial utilisant le talent manifeste de Hoonholtz, le chargea dès le début de sa carrière militaire, de la direction d’une Commission qui devait relever la côte et l’île de Sainte-Catherine. Le travail fut exécuté dans des conditions irréprochables; le gouvernement en approuva le résultat et lui accorda les plus vifs éloges.

«Après la fin de la guerre du Paraguay, Hoonholtz fut nommé chef de la Commission de démarcation des limites de l’Empire, au Nord. L’exposé qui précède a montré comment il sut s’acquitter de cette difficile et pénible mission. C’est à la suite de son glorieux succès qu’il fut créé baron de Teffé.....