«Quand fut mise en vigueur la loi du 24 septembre 1873, qui accordait une garantie d’intérêts au chemin de fer de Paranagua, dans la province du Parana, de graves difficultés surgirent au sujet de celui des deux ports, Antonina ou Paranagua, qui offrait les meilleures conditions techniques et financières comme entrepôt maritime de la province. Hoonholtz fut encore appelé pour cette difficulté, et avec la bonne volonté qu’il apportait toujours au service de son pays, il accepta l’invitation du ministre de l’agriculture; après des études sérieuses et des observations prolongées, il démontra que le port de Antonina était celui qui réunissait les conditions requises. Le 5 novembre 1878, à l’Institut Polytechnique Brésilien, un distingué ingénieur, M. André Rebouças, parlait ainsi à cet égard:
«Le rapport du baron de Teffé, publié en 1877 par l’Imprimerie nationale, constitue aujourd’hui le plus savant et le plus irréfutable document sur les ports et les lignes ferrées du Parana. On ne peut le nier: en hydrographie, notre illustre collègue, auteur de l’unique compendium en langue nationale sur la matière, n’a pas son supérieur dans l’Empire. Dans tout autre pays, son avis serait décisif, aucun gouvernement ne saurait aller à l’encontre. L’Institut a entendu et dûment apprécié ses irréfutables arguments, techniques et économiques; il a admiré l’autorité et la sagacité avec lesquelles notre illustre collègue a étudié ce problème complexe. Comme tous les nobles cœurs, Hoonholtz se passionne pour la vérité; c’est aujourd’hui un des défenseurs les plus convaincus de Antonina et des véritables intérêts du Parana. Cette belle province, elle aussi, n’oubliera jamais son nom; déjà elle l’a attaché à la route qui relie à Antonina la colonie de Assunguy; son dernier discours, disent les lettres que je reçois du Parana, court déjà imprimé à travers les Sertoès de Guarapuava, popularisant là même un nom si cher à la patrie par ses actions glorieuses dans la guerre et dans la paix».
Depuis, la question a été tranchée en sens contraire, mais le baron de Teffé a été vengé par les événements, et aujourd’hui la Compagnie et le gouvernement s’efforcent de construire le tronçon qui refera d’Antonina la tête de ligne.
«Quand il s’est agi du litige entre le gouvernement et la Compagnie Nord-Américaine de navigation à vapeur, litige qui reposait sur les bonnes ou mauvaises conditions du port de Maranhao, c’est encore au baron de Teffé que recourut le gouvernement. Celui-ci était alors occupé à la désobstruction de la barre à Cabo Frio; il partit pour le Maranhao à la tête d’une commission. Après une analyse minutieuse, il présenta son rapport démontrant la possibilité de l’entrée des grands vapeurs dans la baie de S. Marcos et dans les mouillages de Eira, Itaqui et de l’Ilha do Medo. Son opinion fut admise et les paquebots se résignèrent à l’escale indiquée dans son rapport.
«L’assainissement de la lagune Rodrigo de Freitas dans la banlieue de Rio-de-Janeiro ayant été reconnu d’une urgente nécessité, le baron de Teffé, sur la demande du gouvernement, présenta un projet qui, mis en parallèle devant la Société (Club) des ingénieurs avec d’autres rapports, entre autres celui du distingué ingénieur Milnor Roberts, obtint sur tous la préférence.
«En 1876, il parvint à résoudre une grave question suscitée par les avaries qu’une roche sous-marine, non mentionnée sur les cartes, avait causées à l’entrée de Santos, aux vapeurs français et allemands. Sous sa direction cette roche fut détruite, en employant les plongeurs de l’Arsenal de marine auxquels était encore inconnu l’usage de la dynamite et du scaphandre.
«Récemment, un autre fait a attesté de façon éloquente la grande capacité du baron de Teffé. Nous voulons parler des observations astronomiques exécutées à l’occasion du passage de Vénus sur le disque du soleil, observation qui fut faite aux Antilles, où il alla représenter le corps savant du Brésil. En récompense de cette mission remplie avec tant de distinction, le baron de Teffé a été élevé à la dignité de Grand de l’Empire.
«Le baron de Teffé est, en outre, un littérateur apprécié. Outre ses écrits disséminés dans une foule de journaux et de revues, il est l’auteur d’un drame maritime intitulé: la Justice de Dieu, et d’un roman, la Corvette Diana, publié en feuilleton par la Patria de Montevideo, par le Diario de Pernambuco, et par le Despertador de Sainte-Catherine. La Corvette Diana a été publiée ensuite séparément par l’auteur qui l’a gracieusement distribuée à ses amis.
«Nous avons eu occasion de lire les appréciations portées sur ce livre dans le Diario de Pernambuco, le Diario de Bahia et le Pedro II, du Ceara. Tous ces journaux sont unanimes à considérer l’œuvre du délicat littérateur, comme une véritable primeur de littérature agréable, où l’imagination s’allie à un langage choisi, sans jamais s’écarter du plan général de l’ouvrage. La Reforma, de Rio-de-Janeiro, du 7 juin 1873, consacrait à ce livre les paroles suivantes:
«La Corvette Diana est le titre d’un roman charmant, dû à la plume de M. le capitaine de frégate Antonio Luiz von Hoonholtz, officier distingué de notre marine. C’est un roman maritime, où l’auteur vous fait apprécier de beaux et variés tableaux de la nature brésilienne. Les épisodes y sont racontés avec vérité et les caractères des personnages bien dessinés. Le livre est écrit avec élégance et agrément.»