En résumé, mon grand-père aimait véritablement l'Empereur et, jusqu'à son dernier soupir, est resté fidèlement attaché à cette auguste mémoire. Napoléon le savait; aussi s'est-il souvenu de lui, dans son testament à Sainte-Hélène, pour lui léguer cent mille francs[ [4].
Fain, quels que soient les éloges qu'il plaît à son panégyriste de décerner à sa fidélité, n'a pas reçu de son ancien maître un pareil témoignage d'estime et d'attachement. C'est que le dévoûment de Fain pour Napoléon, moins désintéressé que celui de mon grand-père, s'adressait au souverain tout-puissant, beaucoup plus qu'à l'homme lui-même.
Après ces explications, qui m'ont semblé nécessaires, il est grand temps de revenir à Marie-Louise.
Versailles, le 15 novembre 1908.
MARIE-LOUISE ET LA COUR D'AUTRICHE
ENTRE LES DEUX ABDICATIONS (1814-1815)
CHAPITRE PREMIER
Caractère de Marie-Louise.—Sa correspondance avec Mme de Crenneville.—Son portrait.—Ce que pensait de sa mère le duc de Reichstadt.
Avant d'entreprendre la relation d'une partie des événements qui se sont déroulés entre 1814 et 1815 dans l'Europe centrale, et de parler de la répercussion qu'ils ont exercée sur le cœur de Marie-Louise, il nous a paru nécessaire de donner à ceux qui liront ces pages quelques éclaircissements préliminaires, destinés à leur faire mieux comprendre la nature d'âme, les tendances, la valeur morale en un mot de la fille de l'empereur François.