A la comtesse de Crenneville:

«6 mai 1811.

»J'ai été bien touchée des vœux que vous formez à cette occasion pour mon fils; j'espère qu'ils se réaliseront et qu'il fera un jour, comme son père, le bonheur de tous ceux qui l'approcheront et le connaîtront.»

Marie-Louise exprime encore, dans sa correspondance de l'année 1812, ses regrets d'être séparée de Napoléon parti pour la campagne de Russie (lettre à Victoire de Crenneville).

Enfin l'Impératrice écrivait de Prague, le 25 juin 1812, à Mme Mère:

«L'Empereur m'écrit bien souvent; chaque jour où je reçois une lettre est un jour de bonheur pour moi. Rien ne peut me consoler de son absence, pas même la présence de toute ma famille.»

Rien n'obligeait Marie-Louise à écrire de semblables lettres; d'ailleurs la fausseté n'était pas chez elle un vice de nature, et ces confidences adressées, presque toutes, à sa meilleure amie, fille de sa grande maîtresse la comtesse de Colloredo, ne sauraient être suspectées d'hypocrisie par personne. Elles sont l'expression de la vérité du moment. Plus tard les leçons et les enseignements du général Neipperg porteront leurs fruits, et Marie-Louise finira par modifier le fond de sa nature, par devenir trompeuse et dissimulée comme son mentor.

Voici le jugement sévère, mais qui nous semble absolument justifié, porté sur la deuxième femme de Napoléon dans la Revue historique:

«Marie-Louise, archiduchesse d'Autriche, impératrice des Français, fille aînée de François empereur d'Autriche et de Marie-Thérèse de Naples, née à Vienne le 12 décembre 1791, mariée à Napoléon Ier le 2 avril 1810, morte à Vienne le 18 décembre 1847. Personne insignifiante; elle ne pense pas. Femme de Napoléon, elle n'en parle que dans les termes de la plus bourgeoise tendresse. On le lui enlève, elle l'oublie.» La Revue historique trouve en outre d'une banalité attristante toute la correspondance de Marie-Louise avec les comtesses de Colloredo et Crenneville, publiées comme nous l'avons dit, par Gerold, et juge, par endroits, ces lettres «comme un affront à la dignité morale d'une femme et d'une souveraine.»

Marie-Louise ne dit-elle pas en effet dans une des susdites lettres que, si elle songeait un jour à se remarier, elle serait heureuse de rencontrer un autre M. de Crenneville... Quelles que pussent être en réalité les qualités personnelles de ce galant homme, cette réflexion d'une souveraine même déchue, décèle,—suivant nous—un manque absolu de grandeur et même de dignité.