Marie-Louise parla de la France. Elle dit qu'Elle aurait pu la connaître; mais que son temps s'était passé en représentations et à écouter des harangues, de sorte que tout ce qu'elle a pu en contempler à son aise, ce sont les physionomies des maires et des adjoints. (Dans ce souvenir éclate la répugnance qu'elle a toujours eue pour la représentation.)
Elle parla d'une superstition commune à Vienne comme au reste de l'Allemagne: la Dame blanche! Elle apparaît à Vienne quand un membre de la famille impériale doit mourir. La mère de Marie-Louise était mourante. Sa jeune sœur Léopoldine l'aperçoit derrière le fauteuil de sa mère et l'en avertit. L'Impératrice lui répond que c'est la Dame blanche qui vient la chercher. En effet, le lendemain l'Impératrice était morte.
Un employé du château aperçoit le fantôme dans sa tournée. Le lendemain, on apprend la mort de l'archiduc Rodolphe qu'on ne savait pas en danger de mort.
L'archiduc Antoine voit une femme à genoux près de son lit pendant qu'il recevait les sacrements. C'était la Dame blanche. Il meurt le lendemain.
Il y a aussi une Dame blanche à Berlin. Elle se montra à la mort du Grand Frédéric.
Il y a à Munich une Dame noire, qui avait été l'Électrice de Bavière en 1785. Elle annonce aussi la mort des personnages de la famille royale.
Il y a à Bareuth une Dame mortuaire qui a aussi sa célébrité.
Etc., etc., etc.
Copie de la lettre de Mme la comtesse de Montesquiou à M. Ballouhey en date du 12 août 1832.