—Voyez combien le Créateur est grand! Il a donné à ce peu de cendres une forme, une vie, une âme. Il n'a pas besoin de ces cendres pour rendre l'âme, la forme et la vie au bien-aimé que nous rejoindrons bientôt.
Tous les assistants s'inclinèrent en mettant la main sur leur cœur. Alors une petite fille ouvrit une porte dans le mur et j'aperçus dans un enfoncement, sur des étagères, plusieurs coupes semblables à celle que j'avais vue sauf qu'elles avaient toutes des couvercles. Une Gy s'approcha alors du fils, en tenant à la main un couvercle qu'elle plaça sur la coupe et qui s'y adapta au moyen d'un ressort. Sur le côté se trouvaient gravés le nom du défunt et ces mots: «Il nous fut prêté» (ici la date de la naissance). «Il nous fut retiré» (ici la date de la mort).
La porte se ferma avec un bruit musical, et tout fut terminé.
XXV.
—Et c'est là,—dis-je, l'esprit tout plein du spectacle auquel je venais d'assister,—c'est là votre manière habituelle d'enterrer vos morts?
—C'est notre coutume invariable,—me répondit Aph-Lin.—Comment faites-vous dans votre monde?
—Nous enterrons le corps entier dans le sol?
—Quoi! dégrader ainsi le corps que vous avez aimé et respecté, la femme sur le sein de laquelle vous avez dormi! vous l'abandonnez aux horreurs de la corruption!
—Mais, si l'âme est immortelle, qu'importe que le corps se décompose dans la terre ou soit réduit par cette effroyable machine, mue, je n'en doute pas, par la puissance du vril, en une petite pincée de cendres?