Par un second traité, le roi d'Angleterre annonce que des forces navales seront immédiatement réunies afin que les marchands, de quelque pays qu'ils soient, n'aient rien à craindre. Les deux tiers des hommes d'armes qu'elles porteront seront choisis en Flandre et en Brabant, mais tous les frais de ces armements seront payés par le roi d'Angleterre.
Le second traité porte de plus que le roi Edouard payera aux communes de Flandre, en quatre termes, une somme de cent quarante mille livres sterling, et fixe pour quinze années l'étape des laines anglaises à Bruges.
Au point de vue politique, le troisième traité est le plus remarquable. Edouard III, comme roi de France, y fait droit à toutes les réclamations que les communes de Flandre ont élevées depuis plus d'un siècle.
Toutes les clauses insérées dans les anciens traités qui frappent la Flandre d'interdit et d'excommunication sont annulées et révoquées; de telle sorte que le comte et les habitants du pays seront désormais «aussi franc comme leurs prédécesseurs de Flandres avant que les dites peines et servitudes furent faites.»
Les villes et les châtellenies de Lille, de Douay, de Béthune et d'Orchies sont rendues à la Flandre et ne pourront plus en être séparées, et il en sera de même du comté d'Artois et de la ville de Tournay, qui ne formeront plus qu'un même fief avec le comté de Flandre.
Tous les priviléges que les bonnes villes obtinrent de Robert de Béthune après la bataille de Courtray sont confirmés.
Aucune taille ne pourra être levée en Flandre, et l'on ne pourra soumettre à aucune taxe les marchandises que l'on porte de France en Flandre ou en Brabant.
Les habitants de la Flandre ne pourront point être distraits de leurs juges, ni assignés devant quelque cour que ce soit au royaume de France.
Une loyale, bonne et commune monnaie d'or et d'argent, de même poids et de même aloi, sera faite en France, en Flandre et en Brabant. Elle aura aussi cours en Angleterre, et on ne pourra ni la changer, ni l'affaiblir.
Ce langage est de nouveau dans l'histoire du moyen-âge. Après toutes les divisions féodales, après un si grand nombre de rivalités et de haines étroites et jalouses, quel homme, si ce n'est Artevelde, avait osé songer à proclamer la liberté du commerce, l'abolition des tailles, l'uniformité des monnaies? Il voulait, après tant de guerres désastreuses qui avaient décimé et ruiné les peuples, les rapprocher et les réunir par les liens du travail, en fondant sur leur réconciliation une ère de prospérité.