«Vouloir démembrer la France parce qu’elle est trop puissante est précisément le système de l’égalité en grand. C’est l’affreux système de la convenance, avec lequel on nous ramène à la jurisprudence des Huns ou des Hérules. Et voyez, je vous prie, comme l’absurdité et l’impudeur (pour me servir d’un terme à la mode) se joignent ici à l’injustice. On veut démembrer la France; mais, s’il vous plaît, est-ce pour enrichir quelque puissance de second ordre? Nenni.

Dantur opes nullis nunc, nisi divitibus.

«C’est à la pauvre maison d’Autriche (la Prusse aujourd’hui) qu’on veut donner l’Alsace, la Lorraine, la Flandre. Quel équilibre, bon Dieu!... J’aurais mille et mille choses à vous dire sur ce point pour vous démontrer que notre intérêt à tous (ô rois vous l’entendez) est que l’empereur ne puisse jamais entrer en France comme conquérant pour son propre compte. Toujours il y aura des puissances prépondérantes, et la France vaut mieux que l’Autriche (la Prusse).» (p. 5.)

Cette page, sauf le changement de noms, ne semble-t-elle pas écrite d’hier et pour la circonstance? La lettre cependant, adressée au baron de V...., porte la date du 15 août 1794.

[28] Son frère Xavier fut nommé lieutenant-colonel et directeur du musée de Marine. Plus tard, son fils Rodolphe, admis à l’École des Cadets, obtint pareillement un grade dans l’armée.


MALESHERBES


Malesherbes a donné son nom à la grande voie qui conduit de la place de la Madeleine à la nouvelle église de Saint-Augustin.

La vie de Malesherbes, le magistrat éminent, le défenseur intrépide de Louis XVI, dans les temps où nous vivons, temps de révolutions et d’agitations, est une des plus intéressantes à connaître, et les hommes d’État en particulier ne sauraient trop la méditer; car elle est pleine de hauts renseignements, et le zèle imprudent et trop peu rare, qui se laisse prendre aux fallacieuses promesses de l’utopie, s’y peut instruire par de formidables exemples.