16o. «Je lègue à chacun des hospices des départements de Paris une somme de 10,000 fr. pour être distribués en gratifications ou secours à donner aux pauvres qui sortiront de ces hospices, et qui auront le plus besoin de secours. Comme il y a douze départements, cette disposition est un objet de 120,000 fr.» (etc., etc.)
Quand on a lu ce testament et qu’on connaît la vie de celui qui l’écrivit, on ne peut que répéter avec M. de Chazet: «Tel fut cet homme rare, dont la vie peut être regardée comme une étude historique et morale pour toutes les conditions et toutes les classes. Organe des lois, jamais il ne les a laissé fléchir au gré du caprice; magistrat, il a jugé d’après sa conscience; administrateur, il a fait bénir son nom dans les provinces qu’il a régies; financier, il a pris l’ordre pour base et la probité pour guide; riche, il a vécu comme s’il ne l’était pas pour donner davantage aux pauvres.... Ce qu’on n’avait vu dans aucun temps, ce qu’il était réservé à notre siècle de connaître et d’admirer, c’est un homme qui, possesseur d’une fortune immense, n’en a jamais été que l’administrateur au profit des pauvres, qui n’a jamais employé le pouvoir qu’à le faire bénir, qui a prévu toutes les infortunes, calculé toutes les ressources, fondé des prix pour tous les talents utiles et toutes les vertus modestes; qui, mystérieux dans sa bienfaisance, n’a jamais donné d’argent que sous le sceau du secret; qui a conspiré soixante ans dans l’ombre pour le bien public et qui, même à sa dernière heure, en répandant des libéralités sans exemple, aurait voulu rester inconnu, s’il avait pu faire son testament sans se nommer.»
Qu’ajouter à ces éloges si complètement mérités d’ailleurs?
[48] Vie de M. de Montyon, in-8o, 1829.
[49] Vie de M. de Montyon.
[50] Les prix de vertu comme les diverses fondations avaient été supprimés par la Convention.
[51] Cette statue se trouve placée dans la salle des séances de l’Académie.