[58] De Silvestre. Notice biographique sur Parmentier.—1815.

[59] Lyon, in-8o.

[60] Cuvier. Eloges, t. Ier.

[61] Huzard. Notice lue à la Société philanthropique.


PASCAL


Joseph de Maistre, qu’on peut taxer parfois sans doute d’exagération, m’a fort l’air de parler raison quand il dit de Pascal: «Quoique je ne veuille pas déroger à son mérite réel qui est très-grand, il faut avouer aussi qu’il a été trop loué, ainsi qu’il arrive, comme on ne saurait trop le répéter, à tout homme dont la réputation appartient à une faction.... On nous répète sérieusement, au XIXe siècle, les contes de Madame Perrier sur la miraculeuse enfance de son frère; on nous dit, avec le même sang-froid, qu’avant l’âge de seize ans, il avait composé «sur les sections coniques un petit ouvrage qui fut regardé alors comme un prodige de sagacité[62]», et l’on a sous les yeux le témoignage authentique de Descartes, qui vit le plagiat au premier coup d’œil, et qui le dénonça, sans passion comme sans détour, dans une correspondance purement scientifique.»

«... Je dis de plus que le mérite littéraire de Pascal n’a pas été moins exagéré. Aucun homme de goût ne saurait nier que les Lettres provinciales ne soient un fort joli libelle.... Je n’en crois pas moins que la réputation dont il jouit est due de même à l’esprit de faction intéressé à faire valoir l’ouvrage... Madame de Grignan, au milieu même de l’effervescence contemporaine, disait déjà en bâillant: C’est toujours la même chose! et sa spirituelle mère l’en grondait.

«.... En général, un trop grand nombre d’hommes, en France, ont l’habitude de faire, de certains personnages célèbres, une sorte d’apothéose après laquelle ils ne savent plus entendre raison sur ces divinités de leur invention. Pascal en est un bel exemple[63]