Entre les personnages célèbres pendus au gibet de Montfaucon, mais cette fois avec toute justice, il faut citer le fameux Olivier le Dain, dit le Diable, barbier et ministre de Louis XI. «Après la mort du roi, comme il était chargé de grands méfaits et que d'ailleurs les princes lui en voulaient à cause de son insolence, il fut livré à la justice et pendu au gibet de Montfaucon.»
On y pendit aussi le corps de l'amiral de Coligny assassiné, dans la nuit de la Saint-Barthélemy, par les ordres du duc de Guise, dit le Balafré.
Montesquieu (rue): Doit son nom à Charles de Secondat, baron de Bréda et de Montesquieu (1689-1755), l'auteur célèbre du livre de l'Esprit des Lois, qu'un malicieux critique qualifiait: De l'Esprit sur les lois. «La tête de Montesquieu, dit Joubert, est un instrument dont toutes les cordes sont d'accord, mais qui est trop monté et rend des sons trop aigus. Quoiqu'il n'exécute rien contre les règles, il a, dans ses vibrations trop contenues et trop précipitées, quelque chose d'au-delà de toutes les clefs d'une belle et sage musique.
«Montesquieu fut une belle tête sans prudence.»
Montgolfier (rue): Montgolfier (Joseph-Michel) fut, avec son frère Étienne, non pas précisément l'inventeur mais le propagateur en France de la navigation aérienne au moyen des aérostats, vulgairement ballons, que Joseph de Maistre se plaint de ne pas entendre appeler Montgolfières. Le problème si important de la direction des ballons est encore à trouver. Le sera-t-il jamais? Et pourtant que d'essais restés infructueux en dépit de la réclame! Montgolfier, né à Vidalon-lez-Aunay, mourut en 1810.
Montholon (rue): De Montholon, qui a donné son nom à cette rue, était conseiller d'état avant la Révolution. De lui descendait le général comte de Montholon, exécuteur testamentaire de Napoléon et qui, après l'avoir soigné avec un absolu dévouement, pendant de longs jours et de plus longues nuits, lui ferma les yeux.
Montmartre (rue): Son nom lui vient de la montagne à laquelle elle conduit; mais celle-ci doit-elle son nom à un temple de Mars ou de Mercure, qui s'y élevait ou bien au martyre de saint Denis et de ses compagnons? Sur ces opinions longtemps et vivement controversées, Jaillot hésite d'abord à se prononcer; il adopte cependant la première ou plutôt l'une et l'autre; car il croit que saint Denis et ses compagnons furent décapités sur le mont que dominait le temple de Mars.
Mont-de-Piété (hôtel du grand): Le grand Mont-de-Piété fut établi ou autorisé par lettres patentes du 9 décembre 1777, signées du roi. On peut douter que les résultats actuels, par le taux élevé de l'intérêt, répondent pleinement aux intentions bienveillantes du monarque qui disait d'une façon si admirable: «Ce moyen nous a paru le plus capable de faire cesser les désordres que l'usure a introduits, et qui n'ont que trop fréquemment entraîné la perte de plusieurs familles.... Nous avons cru devoir rejeter tous les projets qui n'offraient que des spéculations de finances pour nous arrêter à un plan formé uniquement par des vues de bienfaisance et digne de fixer l'attention publique, puisqu'il assure des secours d'argent peu onéreux aux emprunteurs dénués d'autres ressources.»
Montorgueil (rue): Très-anciennement il y avait en cet endroit un chemin appelé: Vicus superbiæ, le chemin de l'Orgueil. Pourquoi? nul ne le dit. Dans certains actes on lit: Vicus montis superbi: Le chemin du mont orgueilleux.
Mont-Parnasse (rue): Sur un monticule voisin de l'ancienne barrière, les étudiants de l'Université avaient coutume autrefois de se réunir pour discuter sur la poésie ou l'éloquence et lire sur ces divers sujets leurs élucubrations d'où cette butte prit le nom de Mont-Parnasse.