U

Ulrich: Avenue, ci-devant, de l'Impératrice. Le nom du général Ulrich sera désormais légendaire. Il mérite d'être inscrit en lettres d'or dans nos annales le nom du vaillant soldat qui commandait à cette population héroïque, ne se résignant qu'à regret, et faute de munitions et de vivres, à capituler, alors qu'elle eut préféré s'ensevelir sous les ruines de la cité glorieuse et si opiniâtrement défendue. Le siége de Strasbourg est à jamais mémorable, et qui n'eut pas applaudi, avec tout Paris ou mieux toute la France, à cet effort du patriotisme qui, dans la défaite même, apparaît sublime et nous offre un si magnifique exemple!

Université (rue de l'): En 1639, l'Université, ayant aliéné le terrain dit le Pré aux Clercs, des constructions s'élevèrent le long de l'ancien chemin des Treilles, qui prit le nom de rue de l'Université.

Ursins (rue des): Elle doit son nom à Jean Juvénal des Ursins, le célèbre prévôt des marchands sous Charles VI.

Ursulines (rue des): Nom qui vient des religieuses de cette observance établies autrefois dans le faubourg Saint-Jacques, et dont la fondation offre d'intéressants détails. En 1608, Françoise de Bermont et Lucrèce de Monte, appartenant à la congrégation des Ursulines d'Aix, vinrent à Paris. D'abord logées à l'hôtel Saint-Jacques, et assez à l'étroit, elles s'occupaient de l'éducation des jeunes filles. Une dame de la paroisse, Madeleine Leullier, veuve du président Sainte-Beuve, personne d'une grande piété et dont l'intelligence égalait le cœur, les ayant connues, fut touchée de leur zèle et songea aux moyens de leur assurer un établissement stable. Elle acheta un terrain près de l'hôtel Saint-André, et fit bâtir une maison vaste et commode qu'elle donna aux Ursulines «à la condition, disent les historiens, que ces filles, qui, jusque-là étaient séculières et sans clôture, fussent désormais religieuses et cloîtrées, et qu'outre les trois vœux ordinaires de religion, elles en fissent un quatrième particulier de vaquer à l'instruction des jeunes filles.» Elle passa, en outre, un contrat de 2,000 livres de rente perpétuelle pour l'entretien de douze religieuses.

La chapelle attenant au couvent par la suite devint trop petite et la présidente Sainte-Beuve fit construire une nouvelle église terminée en 1627. Elle y fut enterrée l'année suivante et jusqu'à la Révolution qui détruisit l'église, on y vit son tombeau, objet de vénération pour les Ursulines reconnaissantes comme pour leurs élèves.

V

Val-de-Grâce (église du): Cette église fut construite ou reconstruite par les ordres d'Anne d'Autriche qui avait fait vœu, si Dieu mettait un terme à sa longue stérilité, de lui bâtir un temple magnifique. Après vingt-deux ans d'attente, la reine eut un fils qui fut Louis XIV. L'église, commencée en 1645, ne put, à cause des troubles de la Fronde, être terminée qu'en 1665. Les architectes du monument furent François Mansard, Jacques Lemercier, Pierre Lemrut et Gabriel Leduc. Les peintures de la coupole sont dues à Mignard.

La communauté des religieuses du Val-de-Grâce de Notre-Dame de la Crèche, qui avait donné son nom à l'église, fut supprimée en 1790. Les bâtiments, que les sœurs occupaient, près de l'église, d'abord transformés en vastes magasins, devinrent, sous l'Empire, l'hôpital spécial des malades de la garnison.

Valhubert (place): Le général Valhubert, dont le nom est inscrit sur l'Arc-de-Triomphe de l'Étoile, fut tué à Austerlitz. Ayant eu la jambe emportée par un boulet, il tomba de cheval. Des soldats aussitôt s'empressent pour le relever et le porter à l'ambulance.