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Babille (rue): Laurent Jean Babille fut échevin de la ville de Paris en 1762 et 1763. Quels services a-t-il rendus qui lui méritèrent un souvenir spécial, on ne nous le dit pas. Peut-être seulement demeurait-il dans cette rue.

Babylone (rue): Elle doit son nom à Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone, qui possédait plusieurs maisons et jardins sur l'emplacement desquels fut construit le séminaire des Missions Étrangères.

Bailleul (rue): C'était le nom d'un président qui y demeurait.

Baillif (rue): Pour Baillifre, nom du surintendant de la musique de Henri IV, qui lui donna des terrains bordant cette voie pour y bâtir.

Balzac (rue de): De Jean Louis de Balzac (1586-1655) on a dit qu'il fut l'un des écrivains qui ont le plus contribué à former la langue quoique aujourd'hui on ne lise plus guère ou même pas du tout ses ouvrages. Ce n'est pas lui d'ailleurs qui a donné son nom à la rue, mais notre contemporain, Honoré de Balzac, qui y est mort en 1850, à l'âge de 51 ans, au milieu de sa plus grande vogue comme romancier. On ne peut lui refuser, en dépit de sa fécondité, un talent peu ordinaire. La Comédie humaine atteste une puissance singulière de conception et d'observation; mais cette dernière et précieuse qualité trop souvent se gâte par l'exagération; comme l'a dit fort bien M. de Pontmartin, Balzac presque toujours vers la fin «se grise avec son sujet», et il ne voit plus ses personnages qu'à travers une lentille qui grossit démesurément leurs traits défectueux surtout. Puis le sens moral trop fréquemment lui fait défaut, et il est peu d'ouvrages de lui qu'on puisse lire sans inconvénient. Rien qui repose, rien qui rassérène dans ces pages si souvent désolantes par l'implacable dissection de l'âme humaine. Cet étrange moraliste (car il avait cette prétention) calomnie la nature humaine même viciée, et à Dieu ne plaise que notre société, encore que malade, soit telle qu'il nous la représente d'habitude. Le monde aristocratique en particulier, qu'il faisait vanité de bien connaître, lui paraît surtout étranger d'après les types qu'il nous en a laissés, et qu'on n'y rencontre, assurément, que par une très-rare exception.

D'après ce que nous venons de dire, faut-il s'étonner que l'Œuvre entier de Balzac ait été condamné par la congrégation de l'Index?

Barbette (rue): Elle s'appela ainsi parce qu'elle passait devant un hôtel de ce nom célèbre dans l'histoire de Charles VI et construit par Étienne Barbette, prévôt des marchands sous Philippe-le-Bel. Le duc d'Orléans, frère du roi (Charles VI), sortant de l'hôtel dit le petit Séjour de la Reine qu'habitait Isabeau de Bavière, fut assassiné à la porte Barbette par Jean-sans-Peur et ses mauvais garçons.

Barillerie (rue de la): Vis-à-vis le Palais. Elle porte déjà ce nom dans un concordat passé en 1280 entre Philippe-le-Hardi et les couvents de Saint-Maur et de Saint-Éloi. Mais Robertus Cenalis, dans sa Hiérarchie française, l'appelle la rue de la Babillerie, via locutuleia, à cause sans doute du parlement voisin où pour plaider il faut parler «ce qui se fait de vive voix» dit assez naïvement Sauval.

Barouillère (rue): Elle s'appela tour à tour des Vieilles Tuileries, Saint-Michel, et enfin de la Barouillère. «Je ne sais, dit Jaillot, quand on lui donna ce nom, mais il est certain qu'elle le doit à Nicolas Richard, sieur de la Barouillère, à qui l'abbé de Saint-Germain céda, le 8 octobre 1644, huit arpents à la charge d'y bâtir, et sous la condition que, si l'on perçait des rues sur ce terrain, on leur donnerait le nom d'un saint indiqué, qu'on en ferait mettre la statue au coin de la rue et au dessous les armes de l'abbaye.»