Barrés (rue des): Cette rue doit son nom aux Carmes qu'on désignait sous le nom de Barrés, en raison de leurs manteaux peints de différentes couleurs et formant des barres.
Beaubourg (rue): Au commencement du XIe siècle, de pauvres paysans élevèrent en cet endroit quelques chaumières. L'agrément du site en attira d'autres qui s'y établirent également et le hameau, qui devint un village, s'appela Beau-Bourg.
Voilà ce que racontent plusieurs historiens d'après une tradition contestée par Sauval. Suivant lui, cette rue doit son nom à Jean Beaubourg natif de Beau-Bourg, village ou bourg et paroisse de Brie, duquel descendait le président Beaubourg, conseiller d'état souvent chargé par le roi Louis XIII de missions importantes.
Batignolles (rue, place, boulevard des): Ce nom vient de l'ancien village des Batignolles qui, aussi bien que celui de Monceaux auquel il fut réuni en 1830, ne se composait que de quelques chaumières ou pauvres maisons. «Mais dans le mouvement de translation rapide qu'éprouve la population de Paris du sud-est au nord-ouest, l'humble hameau des Batignolles a acquis une grande importance.... C'est aujourd'hui une ville plus étendue, plus riche, plus peuplée que beaucoup de préfectures.»
Ainsi s'exprimait, en 1861, un des rédacteurs du Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture. Depuis lors, les Batignolles n'ont fait que s'accroître et ce quartier est à présent l'un des plus populeux de la capitale dont par suite de l'annexion il fait partie.
Battoir (rue du): Ce nom vient d'une enseigne.
Beaujolais (rue): Ouverte en 1784, elle fut nommée ainsi en l'honneur du comte de Beaujolais, fils du duc d'Orléans.
Beaumarchais (boulevard): Caron de Beaumarchais (1732-1799) doit surtout sa célébrité à sa comédie: Le Mariage de Figaro, une œuvre qu'on pourrait qualifier diabolique au point de vue du talent comme de la morale, et si malheureusement autorisée par la royauté, si follement applaudie par l'aristocratie dont elle préparait la chute. Dans cette pièce profondément immorale, mais avec tous les raffinements de l'art le plus savant, rien qui soit respecté, et j'admire que des femmes, des jeunes filles même, fût-ce en s'abritant derrière l'éventail pour cacher leur rougeur, osent assister jusqu'au bout à ce spectacle qui n'est qu'un long scandale. Qu'importe le talent quand on en fait cet indigne usage! Qu'importe la verve, qu'importe l'esprit quand ce rire qui provoque le nôtre n'est que le rire du démon!
Beaurepaire (rue de): S'appelait ainsi dès le commencement du XIVe siècle (1313). Ce mot, dans le vieux langage, signifie belle demeure, belle retraite, beau repaire.
Beautreillis (rue de): Autrefois rue Girard Becquet. On l'appela rue Beautreillis à cause d'une belle treille «ou, pour parler à la façon du temps passé, d'un beau treillis qui faisait une des principales beautés du jardin de l'hôtel royal de Saint-Paul.... Je dirai encore que les treilles ont fait longtemps un des principaux ornements des jardins de nos rois et que, pendant plusieurs siècles, les mûriers, les ormes et les chênes n'ont passé que pour des arbres champêtres et sauvages qui ne devaient paraître et faire ombre que dans les forêts.» (Sauval).