Belle-Chasse (rue de): Elle doit son nom au clos de Belle-Chasse sur lequel fut bâti le couvent des religieuses du Saint-Sépulcre, vulgairement appelées Religieuses de Belle-Chasse.
La communauté se composait de vingt religieuses seulement qui suivaient la règle de saint Augustin. On les avait nommées d'abord les Filles à Barbier à cause d'un fameux traitant (financier) qui leur avait donné une partie du vaste espace qu'elles occupaient.
Bellefond (rue de): Elle dut son nom à Mme de Bellefond, abbesse de Montmartre.
Saint-Benoît (rue): Se nomma ainsi parce qu'elle s'étendait le long du jardin des religieux de Saint-Germain des Prés qui suivaient la règle de saint Benoît. «Il n'y a pas plus de vingt ans, dit Sauval, qu'elle s'appelait la rue des Égoûts, parce que, jusqu'à ce temps-là, elle a été coupée en deux et empuantie par un égout découvert qui maintenant passe sous le pavé, ce qui est cause qu'on la nomme quelquefois la rue de l'Égoût couvert.»
Bergère (rue): Dans la table des rues de Valleyre, elle est appelée du Berger dont on a fait rue Bergère.
Berryer (cité): Antoine Pierre Berryer, né en 1788, mort en 1869, comptait au premier rang de nos orateurs politiques. Un discours de Berryer à la Chambre s'annonçait comme un évènement et les huissiers se trouvaient fort empêchés à l'ouverture des portes par l'empressement des amateurs, curieux et curieuses. Mais les triomphes de Berryer au Palais-Bourbon s'alternaient (chose rare et qui semble l'exception) avec ses succès au barreau. Dans les dramatiques procès de cours d'assises surtout, il avait peu d'égaux parmi ses confrères qu'il a fait pleurer plus d'une fois, et aussi les jurés et les juges, sans compter les bons gendarmes. On comprend dès lors l'influence toute puissante de cette parole émue, passionnée, ardente, de ce geste pathétique, sur la partie féminine de l'auditoire bientôt tout entier noyé dans les larmes.
Dans notre volume: Je Politique, se trouve une Étude développée sur Berryer que nous avons eu maintes fois, comme journaliste, l'occasion d'entendre dans nos assemblées politiques. Du reste, il fallait l'entendre plutôt que le lire, car l'originalité de la forme manquait un peu à sa phrase trop facilement faite, alors qu'elle n'était plus soutenue par l'accent fiévreux de la voix et la fougue du geste.
Bertin Porée (rue): Elle portait ce nom dès l'année 1240, et le tenait d'un bourgeois qui y demeurait.
Bétizy (rue de): a pris ce nom de Jacques Bétizy, avocat au Parlement. Ce fut dans la deuxième maison à gauche, en entrant par la rue de la Monnaie, que l'amiral de Coligny fut assassiné, dans la nuit de la Saint-Barthélemy, (1572), par les séides du duc de Guise, dit le Balafré. Deux des meurtriers, Le Besme et Pétrucci, après avoir percé de coups l'amiral, jetèrent le cadavre dans la cour où le duc de Guise, pour le reconnaître, essuya avec son mouchoir le sang qui couvrait le visage, et sûr que sa victime n'avait pu lui échapper, il dit: «C'est bien commencé, allons continuer.»
Faut-il croire au fait suivant rapporté par Pierre Mathieu? «Il affirme avoir entendu raconter plusieurs fois à Henri IV que, le soir du 26 août, peu d'heures avant le massacre, jouant aux dés avec le duc de Guise, il parut des gouttes de sang sur la table, et que les ayant fait essuyer, elles reparurent encore, ce qui le frappa au point qu'il quitta le jeu.»