Boutebrie (rue): S'appelait vers la fin du XIIIe siècle Erembourg de Brie, nom d'un propriétaire riverain. D'Erembourg de Brie on a fait Boutebrie.

Billettes, (rue des): Elle devait ce nom aux religieux hospitaliers de Notre-Dame qui portaient sur leurs habits de petits scapulaires, dits billettes. Dans certains actes on l'appelle aussi la rue où Dieu fut bouilli, la rue du Dieu bouilli, voici pour quel motif. La maison, qui fut depuis le couvent, appartenait à un juif riche sans doute. «Ce juif, d'après une tradition ancienne, dit G. Brice, par une impiété exécrable, perça de plusieurs coups de couteau une hostie consacrée et voulut ensuite la brûler; mais miraculeusement elle lui échappa en s'élevant dans la pièce et fut recueillie par une vieille femme qui entra inopinément chez cet impie et porta l'hostie au curé de St-Jean où depuis elle a été conservée avec beaucoup de vénération. Ce malheureux juif fut brûlé et sa maison confisquée.»

Brantôme (rue): P. de Bourdeilles, seigneur de Brantôme (1527-1614), gentilhomme gascon, est auteur de nombreux écrits qui se distinguent par le style original et verveux, mais où trop souvent le lecteur honnête regrette le choix du sujet, les épisodes et les détails scabreux de mœurs contemporaines que la liberté ou mieux la crudité du langage gaulois ne met que trop en relief. Ce reproche s'adresse beaucoup moins aux Vies des grands capitaines français et étrangers qu'à tel des autres ouvrages de l'auteur dont la lecture vaut celle des pires romans. L'histoire écrite de cette façon n'est qu'un pamphlet ordurier. Il semble pourtant que le Seigneur de Bourdeilles n'en avait pas conscience, et qu'il écrivit ce qu'il voyait ou entendait en toute sûreté de conscience et en s'estimant un parfait chrétien.

Breda (rue de): Ouverte en 1830 sur les terrains appartenant à M. Breda.

Bridaine (rue): Jacques Bridaine (1701-1767), prédicateur populaire célèbre, dont l'apostolat eut des résultats prodigieux. Ses sermons n'ont pu être recueillis soit parce qu'il prêchait d'abondance et en vrai missionnaire, soit à cause de son humilité qui prenait peu souci de conserver à la postérité ces pieux discours. Tout le monde cependant a lu l'exorde de l'un d'eux publié pour la première fois, je crois, par Maury et qui suffirait à la gloire de Bridaine.

Brise-Miche (rue): La distribution des pains ou miches qu'on faisait, suivant l'usage, aux chanoines de la collégiale St-Merry avait lieu dans cette rue, d'où la dénomination brise-miche.

Bout du monde (rue du): S'appela ainsi, disent les vieux auteurs, à cause d'un méchant rébus de Picardie qui s'y voyait dans une enseigne où l'on avait représenté un os, un bouc, un duc (oiseau), et un monde (globe), avec cette inscription au bas: Au bouc du monde.

Ce qui prouve qu'on cultivait le calembourg bien avant la venue du fameux M. de Bièvre, et qu'on le faisait alors tout aussi bon ou tout aussi mauvais que lui et ses successeurs.

Braque (rue de): Elle doit son nom à Arnould de Braque qui, en 1348, y fit élever, à ses frais, une chapelle et un hôpital.

Brosse (rue Guy de la): Médecin de Louis XIII, Guy de la Brosse, savant botaniste, donna au roi le terrain où fut tracé le jardin des Plantes, aujourd'hui si célèbre. Il obtint de Richelieu son patronage bienveillant pour le nouvel établissement dont un édit spécial, du mois de janvier 1626, autorisa la création. Guy de la Brosse, nommé intendant (directeur), ne s'occupa plus que de développer l'établissement pour lequel une maison d'habitation fut construite en même temps que le jardin s'enrichissait des plantes les plus rares. Guy de la Brosse mourut dans un âge très avancé et fut enterré dans la chapelle de la maison.