Broussais (rue): Ce célèbre médecin, né en 1772, mort à Paris en 1838, avait le tort d'être trop systématique, et ce qui est pire, matérialiste.

Bûcherie (rue de la): Ainsi nommée à cause du voisinage du port aux bûches. L'École de Médecine s'élevait autrefois dans cette rue où elle fut construite vers 1472. À cette époque les professeurs de la faculté étaient clercs et s'engageaient à garder le célibat.

Buci (rue de): Elle doit son nom à Simon de Buci qui acheta en 1350 le terrain et la porte St-Germain à laquelle il donna également son nom. Cette porte, reconstruite sans doute, s'élevait autrefois à l'extrémité de la rue St-André-des-Arts aboutissant au carrefour. C'est par là qu'on entrait dans le faubourg St-Germain. En 1673, par suite d'un arrêt spécial, la porte de Buci fut démolie parce qu'elle gênait la circulation.

Buffon (rue de): Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon, le célèbre naturaliste, né en 1707, mourut en 1788, à la veille de la Révolution. «Quand on a lu M. de Buffon, on se croit savant. On se croit vertueux, quand on a lu Rousseau. On n'est cependant pour cela ni l'un ni l'autre.» Malgré ce jugement sévère de Joubert, Buffon n'est pas le premier venu et l'on ne peut dire qu'il ait escamoté sa réputation. Il sait peindre, par malheur pour lui plus que pour son modèle, regardant la nature à distance et du fond de son cabinet, il semble peu soucieux de se déranger pour elle. Celle-ci se venge, et ne se montrant à ce cérémonieux qu'en grande parure, elle lui dérobe ses secrets les plus intimes et sa mystérieuse poésie. On dit que l'illustre académicien, au lieu de courir les bois et les prairies, comme Bernardin de St-Pierre, sans nul souci de son costume et des accrocs, ne quittait guère son fauteuil et qu'il écrivait toujours en grande toilette, avec jabot et manchettes de dentelles et l'épée au côté. On s'en aperçoit à sa phrase trop faite, mais qui pourtant a du nombre et de l'ampleur. C'est un écrivain assurément et aussi un savant que Buffon, mais on le voudrait plus homme et surtout plus chrétien, ce qui lui donnerait la clé de bien des énigmes. Son génie manque d'entrailles; ce lumineux foyer lance des rayons, mais sans donner de chaleur. On souhaiterait qu'une si belle intelligence prît davantage conseil du cœur. L'auteur du Génie du Christianisme est donc fondé à dire: «Il ne manquerait rien à Buffon s'il avait autant de sensibilité que d'éloquence. Remarque étrange, que nous avons lieu de faire à tous moments, que nous répétons jusqu'à satiété, et dont nous ne saurions trop convaincre le siècle: sans religion, point de sensibilité. Buffon surprend par son style, mais rarement il attendrit. Lisez l'admirable article du chien: tous les chiens y sont: le chien chasseur, le chien berger, le chien sauvage, le chien de grand seigneur, le chien petit-maître, etc. Qu'y manque-t-il enfin? Le chien de l'aveugle. Et c'est celui-là dont se fût d'abord souvenu un chrétien.»

[ [41] Pour être corroyées.

[ [42] Histoire de la ville et du diocèse de Paris, T. II.

C

Cadran (rue du): Ainsi nommée à cause d'un grand cadran qui ornait l'une des maisons.

Caire: La rue, la place et le passage du Caire ne remontent pas au-delà de ce siècle. Ils furent construits sur l'emplacement du couvent des Filles-Dieu, fondation en faveur des vieilles femmes pauvres et réduites à la mendicité. En 1790, le couvent, dont les religieuses avaient été chassées, fut déclaré propriété nationale, et plus tard démoli.

Caille (rue de la): La Caille, astronome célèbre, né en 1713, mort en 1762.