Capucines (rue des): Ce nom vient d'un couvent qui existait autrefois en cet endroit. Les religieuses s'appelaient aussi les Pauvres Dames ou Filles de la Passion.

Carmes (rue des): Elle doit son nom aux religieux Carmes qui vinrent s'y établir, en 1318.

Carnot (rue): Carnot (L. N. M.), né en 1753, mort en 1823, l'un des hommes célèbres de la Révolution et qui, par l'énergique impulsion donnée à la défense nationale, comme à tous les services militaires, mérita qu'on dît de lui qu'il avait su organiser la victoire. Le mot semble devenu banal à force d'avoir été répété, qu'importe s'il est vrai!

Carrousel (place du): C'était autrefois un terrain vague qui s'étendait entre les anciens murs de Paris et le palais des Tuileries. On y traça, en 1600, un jardin qui plus tard s'appela Jardin de Mademoiselle parce que Mademoiselle de Montpensier habitait le palais des Tuileries et possédait ce jardin détruit en 1655. Louis XIV choisit cet emplacement pour les grandes fêtes qu'il voulut donner les 5 et 6 juin 1662, et qui se composèrent surtout de courses et du fameux carrousel où figuraient le roi, les princes et tous les grands seigneurs de la cour. Depuis lors, l'endroit s'appela place du Carrousel.

Cerisaie (rue de la): Au commencement du XVIe siècle, s'élevait, à la place des maisons qui forment cette rue, une superbe allée de cerisiers, ravissante à voir dans la saison des fleurs comme dans celle des fruits. Mais un beau jour, à la grande désolation des écoliers et des moineaux, les cerisiers furent abattus et remplacés par des maisons, quelques-unes grandes et belles; car c'est dans cette rue que se trouve l'hôtel de Philibert Delorme, le célèbre architecte, et construit par lui-même. Avant la Révolution, on y voyait aussi l'hôtel de Lesdiguières, bâti pour le financier Zamet.

«En 1742, dit M. Lazare, ses magnifiques jardins ne contenaient plus qu'un seul monument, c'était le tombeau d'une chatte qui avait appartenu à Françoise Marguerite de Gondy, veuve d'Emmanuel de Lesdiguières, duc de Créquy. On y lisait une épitaphe dont le tour élégant révèle un égoïsme bien naïf:

Ci-gît une chatte jolie,
Sa maîtresse, qui n'aima rien,
L'aima jusqu'à la folie.
Pourquoi le dire? On le voit bien.

Champ-de-Mars. Jusqu'en 1770, ce terrain fut occupé par les cultures des maraîchers. À cette époque, toutes les plantations furent enlevées, et, à leur place, on traça un immense parallélogramme de 1,000 mètres environ sur 500 de largeur qui s'appela le Champ-de-Mars parce qu'il servait aux exercices de l'École militaire.

Champs-Élysées. Au commencement du XVIIe siècle, des horticulteurs et des maraîchers occupaient ce quartier maintenant l'un des plus magnifiques, on pourrait dire le plus magnifique de Paris par ses jardins véritablement dignes de leur nom, et ses monuments, ou plutôt ses maisons moins recommandables au point de vue de l'architecture, hélas! que pour leur air d'aisance et de richesse: le luxe à défaut d'art. En 1616, Marie de Médicis fit planter la promenade dite le Cours la Reine, fermée aux deux extrémités par une grille et bordée au nord et au midi par des fossés.

Vers 1670, en même temps qu'avaient lieu de nouvelles plantations on traçait la grande avenue des Champs-Élysées, dans l'axe du palais des Tuileries. Puis deux autres avenues, où s'élevaient de grands et beaux hôtels, furent également ouvertes, partant du faubourg Saint-Honoré pour aboutir aux Champs-Élysées qui devinrent de plus en plus la promenade favorite des Parisiens et qui le seront longtemps encore en dépit des craintes ou des prévisions manifestées par M. Louis Lazare. La transformation récente des Champs-Élysées, naguère arides et poudreux, en un véritable Eden, peut rassurer sur l'avenir et l'on n'a plus à redouter que les rues et les maisons envahissent les terrains où s'épanouissent ces magnifiques corbeilles de fleurs, où verdoient tant de beaux gazons, et qu'ornent tant d'arbustes aux espèces variées. Nous espérons même quelque chose de plus, c'est que nos édiles, si prompts aux démolitions, comprendront la nécessité de mettre le marteau dans cet énorme tas de moëllons qui s'appelle le Palais de l'Industrie, une lourde bâtisse, aussi déplaisante à voir que peu utile et qui pourrait être avantageusement remplacée par des eaux jaillissantes, des statues, des arbres et des parterres. On trouverait sans peine un local plus favorable pour les expositions de peinture et de sculpture; car dans celui-ci au moindre froid on gèle; et dans la belle saison au contraire, par le manque de ventilation, sous la toiture en verre, la chaleur devient vite intolérable et fait d'une visite au Salon un supplice plutôt qu'un plaisir.