Champollion (rue): J. F. Champollion, né à Figeac (1791) mort à Paris en 1831, est devenu célèbre par ses travaux sur l'Égypte ancienne et en particulier sur la langue des hiéroglyphes qu'il paraît avoir déchiffrée.
Championnet (rue): Jean Étienne Championnet (1762-1800) commandant en chef de l'armée d'Italie fit, en 1798, la conquête du royaume de Naples.
Charonne (rue de): Nom d'un village auquel la voie conduisait.
Châteaudun (rue): Ce nom a remplacé la désignation précédente: rue du Cardinal Fesch. Il n'est pas besoin de rappeler la résistance héroïque de cette toute petite ville lors de la grande invasion prussienne (8 octobre 1870).
Croix des petits Champs (rue): La construction d'une partie de cette voie publique remonte au règne de Philippe-Auguste. Elle fut ouverte sur un terrain qui consistait en jardins, ou petits champs dont elle a tiré une partie de son nom. Une croix, placée à côté de la seconde maison après la rue du Pélican, a complété la dénomination.
Chanoinesse (rue): A pris son nom des chanoines qui l'habitaient. On l'appelait aussi Cloître-Notre-Dame.
Sainte-Chapelle. Ce monument auquel une restauration intelligente a rendu toute sa beauté, fut élevé par les ordres de saint Louis qui le destinait à renfermer les précieuses Reliques acquises par lui des Vénitiens et de l'empereur de Constantinople. «Un célèbre architecte de ce temps, nommé Eudes de Montreuil, fut chargé de la construction de la nouvelle chapelle. Il y fit preuve d'une grande habileté, et y déploya tout le luxe d'ornements, toute la légèreté de construction que l'architecture gothique avait empruntée des Arabes et qui en faisait alors le caractère. Ce monument est travaillé avec toute la délicatesse d'une châsse en orfèvrerie; et après six cents ans, c'est encore un des édifices les plus curieux et les plus élégants de Paris.
«.... Les vitraux qui existent encore sont un monument précieux de ce qu'était la peinture sur verre au XIIIe siècle.... Dès le sixième d'ailleurs, il est question de vitres peintes dans les chroniques. Celles de la Sainte-Chapelle sont remarquables par leur hauteur, la variété et la vivacité de leurs teintes. L'ordonnance des tableaux qu'elles représentent est bizarre, leur fabrication plate et sans effet; le dessin des figures, tracé sur un fond uni, est accompagné seulement de quelques hachures afin de donner un peu de relief au sujet et ce dessin est tout à fait barbare; mais cette vivacité éblouissante de couleurs, que tant de siècles n'ont pu altérer, fait encore l'étonnement et l'admiration des connaisseurs.» (Saint-Victor).
Le zèle religieux de saint Louis n'éclata pas seulement dans l'érection de ce beau monument, tous les ans, le jour du Vendredi-Saint, il se rendait en grand appareil à la sainte Chapelle; et là, revêtu de ses habits royaux, il exposait lui-même les monuments de la Passion à la vénération du peuple, exemple suivi par plusieurs de ses successeurs. «Il semble, dit Saint-Victor, que le président Hénault n'ait point assez senti tout ce qu'il y avait d'admirable dans ce pieux et grand roi. Il l'admire sans doute lorsqu'il le voit réduisant les rebelles, combattant les ennemis de son royaume, rendant à ses peuples une justice exacte et vigilante, etc.; mais cet historien, abusant d'un mot employé par le père Daniel, le trouve singulier lorsqu'il le voit dans son intérieur donnant à la prière le temps qu'il pouvait dérober aux affaires, témoignant une entière déférence à sa mère, une douceur paternelle à ses domestiques. Peu s'en faut qu'il ne le présente alors comme tombé dans un état d'imbécillité. «Dans ces moments, dit-il, ses domestiques devenaient ses maîtres, sa mère lui commandait, et les pratiques de la dévotion la plus simple remplissaient ses journées.» Ce qui semble petit au président Hénault à nos yeux est sublime; et comme d'après son propre aveu, les vertus solides et la noble fermeté qui composaient le caractère de saint Louis ne se sont jamais démenties, ce mélange touchant de grandeur et d'humilité nous offre un être presque au-dessus de l'humanité, un héros tel que le paganisme n'en pouvait produire, le véritable héros chrétien.»
Chardonnet ou Chardonneret (rue St-Nicolas du): S'appelle ainsi à cause de l'église St-Nicolas bâtie à l'une de ses extrémités; «puis d'un certain terroir en friche, dit Sauval, voisin de l'église et tout rempli de chardons qui couvraient un grand espace de ce quartier là. Si le peuple dit la rue du Chardonneret et non du Chardonnet, c'est que le petit oiseau qui porte ce nom lui est plus connu que celui de chardonnet. «Dans le Dit des Rues de Paris, on lit ces deux vers: