Coquillière (rue): Elle aurait dû d'abord son nom à Pierre Cocquettier, bourgeois de Paris, qui, en 1292, y possédait une belle maison qu'il vendit à Guy de Dampierre, comte de Flandre. Le peuple changea ce nom en celui de Coquetière, à cause des coquetiers ou marchands d'œufs qui passaient par cette voie pour se rendre aux halles ou qui peut-être y tenaient leurs boutiques. Au temps de Clément Marot, elle prit le nom de rue Coquillart d'un certain gentilhomme qui avait trois coquilles d'or dans ses armes. Le poète lui fit, après sa mort, cette épitaphe:
La mort est jeu pire qu'aux quilles,
Ni qu'aux échecs, ni qu'au gaillard,
À ce méchant jeu Coquillart
Perdit sa vie et ses coquilles.
On ne dit point à quelle époque la rue prit son nom définitif de: Coquillière.
Corbeau (rue du): Ouverte en 1826 sur un terrain appartenant à M. Corbeau.
Corbineau (rue): Corbineau (Claude-Louis-Constant-Esprit-Juvenal-Gabriel), né à Laval le 7 mars 1772, s'engagea, dès l'âge de seize ans, dans la compagnie des gendarmes de la reine. Il était général lorsqu'il fut tué à Eylau par un boulet. On cite de lui dans cette bataille un trait non moins curieux qu'admirable.
Il sabrait vigoureusement un corps de Russes lorsque tout à coup l'arme échappe de ses mains.
«Ramasse-moi mon sabre, et rends-le moi!» cria-t-il au Russe qui se trouvait le plus près de lui.
Stupéfait, le soldat ennemi, qui peut-être ne comprenait pas notre langue mais cédait à l'éloquence du geste et à la fascination du regard, se baisse, ramasse le sabre et le remet à Corbineau et celui-ci continue à charger.
L'Empereur, en apprenant la mort de Corbineau, fut vivement impressionné et il murmura: «Quoi! réduit à rien par un boulet!»
Cordonnerie (rue de la): Son nom lui vint des vendeurs de cuirs et cordonniers qui l'habitaient. Ce n'est que par syncope que ceux qui font et vendent des souliers sont nommés cordonniers, car originairement on les appelait cordouanniers, parce que le premier cuir dont les Français se servirent, venant de Cordoue, était appelé Cordouan.