Il déclara qu'une conspiration, dont il n'était que le bras, avait été organisée par les soins du président Santa-Anna, et que le chef connu était un nommé Antonio Cespédès. Tous les affiliés—dont le nombre était de deux cents au moins—avaient juré sur le Christ de se dévouer à la sainte cause pour la délivrance de leur pays.

—Quelle est la senora qui sert de sirène à ces rendez-vous meurtriers? demanda le général Scott.

Après de grandes hésitations, le bandit consentit à la nommer:

—Dona Fernandina Capilla, la fille du riche haciendero Capilla de Los Pueblos.

—Je m'en étais douté! murmura le corrégidor à voix basse. Où est-elle?

—Je l'ignore: peut-être à la hacienda de son père.

Le général Scott envoya un escadron de cavalerie à la ferme du senor Capilla, mais le logis était abandonné de la veille: les portes en demeuraient ouvertes, la maison restait vide.

Hieronimo Sanfé, le meurtrier garrotté par Morse, et son complice blessé par moi, nommé Jacomo Ora, furent condamnés au supplice infâme du garrotte. Puis on les mit en chapelle pour être exécutés le lendemain matin.

Le garrotte est tout simplement la strangulation primitive. On attache le patient solidement ficelé à un poteau placé au milieu d'une place publique. On le fait asseoir sur un banc adossé au poteau et on lui passe une corde autour du cou. Cette corde est entortillée à une sorte de tourniquet en bois de chêne, et le bourreau vire le chanvre jusqu'à ce que le patient soit bel et bien étranglé.

C'est horrible, mais c'est ainsi. La coutume du Mexique est là.