—Il faut, leur avait dit notre général, que vous preniez vivants le ou les assassins que vous rencontrerez là-bas.
Ils avaient réussi. J'avais échappé comme par miracle à l'attaque des complices de la senora inconnue.
Je reviens à celle-ci.
A peine avais-je compris que le troisième meurtrier était solidement baillonné, que je m'étais retourné pour savoir ce qu'était devenue la belle Mexicaine.
Elle avait disparu. Par quel moyen? Nous ne pûmes le deviner. Cette sirène infernale, qui attirait vers un guet-apens les pauvres officiers de notre armée, devait s'être ménagé une sortie: nous découvrîmes, en effet, vers un angle de la huerta, une sorte de tour au moyen duquel on pouvait—en pressant un ressort—se trouver en un instant porté dans une ruelle déserte, qui aboutissait à la route de Puebla.
Les deux Mexicains et le cadavre de leur complice furent entraînés au quartier général, et l'on fit prévenir le corrégidor.
Celui-ci arriva en toute hâte, mais on remarqua qu'il fit la grimace lorsqu'il vit et comprit pour quelle affaire il avait été mandé.
—Ces deux misérables ont été surpris en flagrant délit de meurtre, lui dit le général Scott; la loi martiale les condamne à mort. Mais avant de les livrer au bourreau, il faut, je le veux, que vous obteniez d'eux l'aveu de leur crime et le nom, l'adresse de leurs complices, les deux femmes disparues.
Le corrégidor inclina la tête et procéda à l'interrogatoire des deux bandits.
Tout d'abord, les scélérats refusèrent de faire le moindre aveu; mais, poussé par le magistrat mexicain, l'un d'eux déclara qu'il allait parler.