Ils firent feu et virent rouler par terre deux magnifiques bisons qui se débattaient dans les spasmes de l'agonie.

Le ballon allait toujours avec la rapidité d'un train express.

Enfin, à l'horizon, dans la direction du sud-ouest, un point noir se présenta au bout de la lunette d'approche de M. Thompson.

—Hourra! s'écria-t-il, nous sommes sauvés! c'est un des forts militaires de la Confédération américaine. Je le vois là-bas devant nous. En avant! Là, bientôt nous serons arrivés. Nous y voici. Ouvrons la soupape et descendons lentement. Rien ne s'oppose à ce que nous atterrissions ici. Il n'y a pas un arbre aux alentours, aucun lac. Attention, Fergus, attention!

A mesure que le ballon avançait, sa présence avait été signalée par la sentinelle qui veillait le long de la palissade extérieure.

Trois minutes après, tout le détachement de l'armée américaine, baraqué dans cet endroit, sortait du fort et accourait au-devant des aéronautes.

Les cris les plus désordonnés se faisaient entendre: Hurrah! Welcome! etc., etc.

MM. Thompson et Fergus donnèrent les indications nécessaires pour qu'on s'emparât des cordes; cela fut fait aussitôt et, en moins de temps qu'il n'en faut pour écrire ces lignes, le ballon se couchait sur le côté, tandis que la nacelle touchait le sol.

Les deux chasseurs en ballon étaient devant les palissades du fort
Leavenworth, sur les frontières du Nebraska.

Je laisse à penser la fête que la garnison fit à ces compatriotes qui leur tombaient du ciel sans crier gare!