Doña Perfecta, D. Inocencio, Jacinto et Pinzon se trouvaient un jour ensemble dans le jardin. On parla de la troupe et de la mission qu’elle venait remplir à Orbajosa, ce qui fournit au señor Penitenciario l’occasion de flétrir les procédés tyranniques du gouvernement—puis, sans savoir comment, on prononça le nom de Pepe Rey.

—Il est encore à l’auberge—dit le petit avocat.—Je l’ai vu hier, et il m’a chargé de vous présenter ses respects, señora doña Perfecta.

—A-t-on jamais vu plus colossale insolence?... Ah! Sr. Pinzon, ne soyez pas étonné de m’entendre tenir ce langage à l’égard de mon neveu... de ce «caballerito» qui, vous le savez déjà, logeait dans la chambre que vous occupez.

—Oui, oui, je sais! Je ne le fréquente pas; mais je le connais de vue et de réputation. Il est l’ami intime de notre brigadier.

—L’intime ami du brigadier?

—Oui, señora, du commandant de la brigade qu’on a envoyée dans ce pays, et qui a été répartie en différents villages.

—Et où se trouve-t-il?—demanda la dame avec le plus vif intérêt.

—A Orbajosa.

—Je crois qu’il est logé dans la maison Polavieja—indiqua Jacinto.

—Votre neveu—continua Pinzon—et le brigadier Batalla sont amis intimes; ils sont inséparables, et on les rencontre ensemble, à toute heure dans les rues de la ville.