—Caballuco.

—De sorte qu’il est décidé?...

—Non, mais il le sera si vous l’ordonnez.

—Allons, ma nièce, laisse-moi tranquille. Je ne puis ordonner une telle atrocité. Une volée!... Et qu’est-ce que cela? Tu lui en as déjà parlé?

—Oui, mon oncle, mais il n’a pas fait cas de ma proposition, ou pour mieux dire, il a refusé d’y souscrire. Il n’y a à Orbajosa que deux personnes qui puissent l’y décider en lui en donnant simplement l’ordre: Vous, ou doña Perfecta.

—Eh! bien, que la señora le lui donne, si elle veut. Moi, je ne conseillerai jamais l’emploi de moyens violents ou inhumains. Voudras-tu croire que lorsque Caballuco et quelques-uns de ses compagnons agitaient la question d’un soulèvement en armes, ils ne purent pas m’arracher une seule parole les excitant à répandre le sang?... Non, pour cela, non... Si doña Perfecta veut le faire?...

—Elle ne veut pas non plus. Ce soir j’ai causé deux heures avec elle, et elle m’a dit qu’elle prêchera la guerre et la favorisera par tous les moyens possibles; mais qu’elle n’ordonnera jamais à un homme d’en frapper un autre par derrière. Elle aurait raison de s’y opposer, s’il s’agissait d’une chose plus grave... mais je ne demande pas qu’il y ait du sang versé; je ne veux pas autre chose qu’une volée.

—Eh! bien, si doña Perfecta ne veut pas ordonner qu’on administre une volée à l’ingénieur, je ne le veux pas non plus, entends-tu? Ma conscience avant tout.

—C’est bien—répondit la nièce.—Dites seulement à Caballuco de m’accompagner cette nuit... ne lui dites pas autre chose.

—Tu va sortir ce soir?