—Je sortirai, oui, monsieur. Est-ce que je ne suis pas déjà sortie hier soir?
—Hier soir? Je ne le savais pas; si je l’avais su, je me serais fâché, oui, madame.
—Ne dites pas à Caballuco autre chose que ceci:
«Mon cher Ramos, je vous serais très obligé d’accompagner ma nièce pour certaine affaire qu’elle a à traiter cette nuit, et de la défendre dans le cas où elle courrait quelque danger.»
—Ceci, oui, je puis le faire. Qu’il t’accompagne..... qu’il te défende. Ah! friponne, tu veux m’enjôler et me rendre complice de quelque mauvais tour.
—Et que vous imaginez-vous donc?—dit ironiquement Maria Remedios—Ramos et moi, nous allons peut-être à nous deux, cette nuit, égorger une foule de gens?...
—Ne raille pas. Je te répète que je ne conseillerai à Ramos absolument rien qui puisse ressembler à un crime. Mais je crois que le voici...
On entendait du bruit à la porte de la rue. Bientôt après, résonna la voix de Caballuco qui parlait avec le domestique, et enfin, le héros d’Orbajosa pénétra dans la chambre.
—Des nouvelles, donnez-nous des nouvelles, Sr. Ramos—dit le prêtre.—Allons! voyons si vous nous apporterez quelque espérance en échange du souper et de l’hospitalité que... Que se passe-t-il à Villahorrenda?
—Quelque chose—répondit le fier-à-bras, en s’asseyant comme s’il était très las.—Le Sr. D. Inocencio verra bientôt si nous sommes bons à quelque chose.