«Je ne peux aujourd’hui vous écrire que deux lignes. J’ai beaucoup à faire. Tout sera terminé dans quelques jours. Ne m’écrivez plus dans cette triste ville. Vous aurez bientôt le plaisir d’embrasser votre fils.

«Pepe.»

XXIX.
DE PEPE REY A ROSARITO POLENTINOS.

«Donne à Estabanillo la clef du jardin, et charge-le de veiller sur le chien. Ce garçon s’est vendu à moi corps et âme. Ne crains rien. Je serais très contrarié si, comme la nuit dernière, tu ne pouvais pas descendre. Fais tout ton possible pour y réussir. Je serai là à partir de minuit. Je te dirai ce que j’ai résolu et ce que tu dois faire. Tranquillise-toi ma chère enfant, car j’ai abandonné tout recours imprudent ou brutal. Je te raconterai tout. C’est long et cela doit être fait de vive voix. Il me semble que je vois ton étonnement et ton effroi en songeant que je suis si près de toi. Mais voilà huit jours que je ne t’ai vue. J’ai juré que notre séparation finirait bientôt, et il faut qu’elle finisse. Le cœur me dit que je te verrai. Que je sois maudit si je ne te vois pas.»

XXX.
LA BATTUE.

Une femme et un homme entrèrent après dix heures du soir dans l’auberge de la veuve Cusco et en sortirent lorsque eurent sonné onze heures et demie.

—Maintenant, señora doña Maria—dit l’homme—je vous reconduirai chez vous, parce que j’ai affaire.....

—Attendez, Sr. Ramos, pour l’amour de Dieu—répondit-elle.—Pourquoi n’irions-nous pas jusqu’au Casino afin de voir s’il sort? Vous avez bien entendu... Il était ce soir en train de parler avec Estabanillo, le garçon de la huerta.

—Mais c’est donc D. José que vous cherchez?—demanda le Centaure de fort mauvaise humeur.—Que nous importe? Son intrigue avec doña Rosarito a fini comme elle devait finir, et la señora n’a pas maintenant d’autre parti à prendre que de les marier. Voilà mon opinion.

—Vous êtes un animal—dit Remedios avec colère.