—Ici, ici même. Je confesse tout, tout. Je sais que c’est un crime... Je suis une infâme; mais vous, vous qui êtes ma mère vous m’arracherez de cet enfer... Y consentez-vous? Dites un mot, un seul mot.
—Cet homme ici, dans ma maison!—rugit doña Perfecta en faisant quelques pas, qui paraissaient des bonds, dans le milieu de la chambre.
Rosario la suivit en se traînant sur ses genoux. A ce moment on entendit trois coups, trois explosions, trois éclats de tonnerre. C’étaient le cœur et la vie de Maria Remedios suspendus au marteau qui frappaient à la porte. La maison avait comme un tremblement d’épouvante. La mère et la fille restèrent pétrifiées.
Un domestique alla ouvrir, et bientôt après, dans la chambre de doña Perfecta, entra Maria Remedios ressemblant non pas à une femme, mais à un basilic enveloppé dans une grande couverture. Son visage d’un rouge ardent lançait du feu.
—Il est là, il est là!—dit-elle en entrant.—Il s’est introduit dans le jardin par la petite porte condamnée.
Elle reprenait haleine à chaque syllabe.
—Je comprends, je comprends—répéta doña Perfecta en exhalant une sorte de rugissement.
Rosario tomba comme une masse et resta sans connaissance sur le sol.
—Descendons—dit doña Perfecta, sans prendre garde à l’évanouissement de sa fille.
Les deux femmes glissèrent dans l’escalier comme deux couleuvres. Les servantes et le domestique étaient sur la galerie ne sachant que faire. Doña Perfecta, suivie de Maria Remedios, se rendit au jardin par la salle à manger.