—Tu dois être rompu dit à son neveu doña Perfecta. Nous allons te faire déjeuner.
—Avec votre permission—répondit le voyageur—je vais d’abord me débarrasser un peu de la poussière dont je suis couvert.
—Tu as parfaitement raison, dit la señora,—Rosario, conduis ton cousin à l’appartement que nous lui avons préparé. Hâte-toi, mon cher neveu. Moi, je vais donner des ordres.
Rosario introduisit son cousin dans une magnifique chambre située au rez-de-chaussée. Pepe reconnut tout de suite à mille détails qu’une intelligente et affectueuse main de femme s’était chargée de son arrangement. Tout y était disposé avec un art particulier et la propreté et la fraîcheur de tout ce qui se trouvait dans ce beau nid invitaient à s’y reposer. Celui à qui il était destiné ne put s’empêcher de sourire en remarquant diverses petites choses.
—Voilà la sonnette,—dit Rosarito, en prenant à la tête du lit le cordon dont le gland tombait sur le traversin.—Tu n’auras qu’à allonger le bras. Le secrétaire a été placé de façon à ce que la lumière arrive du côté gauche... Tu mettras dans ce panier tes vieux papiers... Fumes-tu?
—J’ai ce malheur, répondit Pepe en souriant.
—Eh bien, tu jetteras là tes bouts de cigares,—dit-elle en touchant du bout du pied un crachoir de cuivre doré rempli de sable. Rien n’est plus désagréable que de voir le plancher couvert de débris de tabac... Voici ton cabinet de toilette... Tu as pour mettre ton linge une garde-robe et une commode... Il me semble que le porte-montre n’est pas bien là; mieux vaut le placer tout près du lit... Si la lumière t’incommode, tu n’auras qu’à faire avancer le transparent en tirant le cordon... comme ceci... vois-tu?... risch...
Pepe était enchanté.
Rosarito ouvrit une fenêtre.
—Regarde, dit-elle, cette croisée donne sur le jardin. Par ici le soleil du soir entre dans l’appartement. Nous avons suspendu là la cage d’un canari qui chante comme un enragé. S’il t’ennuie nous l’ôterons.