—Non, non.

—De quel poids tu me soulages! Il est vrai que, sans trop savoir pourquoi, je me trouve sans cesse en contradiction avec ce vénérable prêtre. Je le regrette infiniment.

—Ce que je crois—dit Rosarito en fixant sur lui des yeux pleins de tendresse—c’est que tu n’es pas fait pour nous.

—Que veux-tu dire?

—Je ne sais si je m’explique bien, mon cher cousin. Mais je veux dire qu’il me paraît difficile que tu puisses t’habituer à la conversation et aux idées des habitants d’Orbajosa. Il me semble... c’est une simple supposition.

—Eh! bien, non! Je crois que tu te trompes.

—Tu viens d’ailleurs, tu sors d’un autre monde, plus intelligent, plus savant, où les gens ont d’autres manières, une conversation spirituelle, et une figure... Il se peut que je ne m’exprime pas bien. Je veux dire que tu as l’habitude de vivre dans une société choisie; tu sais beaucoup de choses... Il n’y a pas ici ce qu’il te faut. Il n’y a ici ni science, ni bon ton. Tout y est simplicité, Pepe. Il me semble que tu t’y ennuieras, que tu t’y ennuieras beaucoup et qu’enfin tu nous quitteras.

La tristesse, qui était le caractère habituel de la physionomie de Rosarito, devint si grande que Pepe Rey en fut profondément impressionné.

—Tu es dans l’erreur, ma chère cousine. Non seulement, je n’ai pas la pensée que tu me supposes, mais ni mon caractère ni mes idées ne sont en contradiction avec le caractère et les idées des personnes qui se trouvent ici. Supposons pourtant un moment qu’ils le fussent...

—Soit, supposons-le...