—Mais qu’as-tu donc?

Soudain, on entendit la voix troublée de doña Perfecta appeler:

—Rosario, Rosario!

Celle-ci s’enfuit à toutes jambes du côté de la maison.

X.
L’EXISTENCE DE LA DISCORDE EST ÉVIDENTE.

Plein de trouble et de confusion, furieux contre les autres et contre lui-même, Pepe Rey essayait de découvrir la cause de l’hostilité qui s’était malgré lui déclarée entre sa manière de voir et celle des amis de sa tante. Présageant des orages, il resta un moment assis sur le banc du cabinet du jardin, pensif et triste, le menton sur la poitrine, les sourcils froncés, les mains jointes. Il se croyait seul.

Soudain, il entendit une joyeuse voix chantonner le refrain d’un couplet de Zarzuela[22]. En relevant la tête, il aperçut D. Jacinto dans le coin opposé du cabinet.

—Ah! Sr. de Rey—dit tout à coup celui-ci—ce n’est pas impunément qu’on blesse les sentiments religieux de la majorité d’une nation. Rappelez-vous plutôt ce qui arriva sous la première Révolution française.

Le bourdonnement de cet être microscopique ne fit qu’accroître l’irritation de Pepe Rey. Il n’éprouvait cependant pas de la haine contre le présomptueux petit docteur. Celui-ci l’incommodait comme nous incommodent les insectes; pas autrement. Il lui causait l’ennui que causent tous les êtres importuns; aussi répondit-il du ton de quelqu’un qui veut se débarrasser d’un bourdon:

—Qu’a donc à voir la Révolution française avec la robe de la Vierge Marie?