Il se leva pour rentrer à la maison; mais il n’avait pas fait quatre pas qu’il entendit de nouveau le bourdonnement du moustique.

—Sr. D. José, j’ai à vous entretenir d’une affaire qui vous intéresse et pourrait vous mettre dans l’embarras...

—Une affaire?—demanda le jeune homme en rétrogradant.—Voyons, de quoi s’agit-il?

—Vous vous en doutez peut-être—dit Jacinto qui s’avança vers Pepe et sourit comme le font les hommes d’affaires lorsqu’ils en ont une très importante à traiter. Je veux vous parler du procès...

—Du procès?... mais, mon cher ami, je n’ai de procès avec personne. En votre qualité d’avocat vous ne rêvez que contestations et vous voyez partout du papier timbré.

—Mais, comment?... Vous ne savez donc rien encore de votre procès? s’écria tout étonné le défenseur en herbe.

—De mon procès?... Je n’ai pas et n’ai jamais eu de procès.

—Eh! bien, puisque vous l’ignorez encore, je me félicite d’autant plus de vous en avoir informé, pour que vous puissiez vous mettre en garde... Car, monsieur, vous aurez à plaider.

—Et contre qui?

—Contre le tio Licurgo et d’autres propriétaires de champs limitrophes de celui qu’on appelle les Alamillos.